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La police compte désormais 47 441 femmes, mais elles ne représentent toujours que 32% des effectifs

·Damien ⏱ 7 min
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La Police nationale compte 47 441 femmes parmi ses 152 197 agents, soit un peu plus de 31 % des effectifs. Malgré une féminisation progressive de l’institution depuis l’ouverture des concours aux femmes dans les années 1970, celles-ci restent nettement minoritaires. Le déséquilibre apparaît également dans la nouvelle promotion de commissaires titularisée en juillet 2026, qui compte 23 femmes pour 51 hommes.

La parité reste encore éloignée au sein de la Police nationale. Selon les chiffres publiés le 6 mars 2026 par l’institution, 47 441 femmes travaillent actuellement dans ses différents services, sur un total de 152 197 agents.

Elles représentent précisément 31,17 % des effectifs, une proportion présentée par la Police nationale comme étant proche de 32 %. Les hommes sont donc environ 104 756, soit près de 69 % de l’ensemble des personnels.

Ces données ne concernent pas uniquement les fonctionnaires actifs portant une arme ou travaillant sur la voie publique. Elles englobent également les policiers adjoints, les personnels administratifs, techniques et scientifiques ainsi que les agents contractuels.

Plus de 25 000 femmes dans le corps des gardiens de la paix

Le corps d’encadrement et d’application, auquel appartiennent notamment les gardiens de la paix, rassemble le plus grand nombre de femmes au sein de la Police nationale.

Selon l’institution, elles sont plus de 25 000 à exercer dans ce corps. Elles interviennent quotidiennement dans les commissariats, les unités de voie publique, les services d’enquête, les unités de renseignement, les services de maintien de l’ordre ou encore certaines unités d’intervention.

Leurs missions comprennent notamment la protection des personnes et des biens, la constatation des infractions, l’interpellation des auteurs présumés, l’accueil des victimes et la prévention de la délinquance.

Ce nombre important ne signifie toutefois pas que les gardiens de la paix sont proches de la parité. Le corps regroupe une très grande partie des policiers français et demeure majoritairement masculin.

Une présence plus importante dans les filières administratives et scientifiques

La répartition des femmes varie fortement selon les métiers exercés. Après le corps des gardiens de la paix en nombre absolu, la filière administrative est celle dans laquelle les femmes sont les plus présentes.

La Police nationale souligne également leur forte représentation dans la police technique et scientifique. Elles occupent des postes d’agentes spécialisées, de techniciennes et d’ingénieures de police technique et scientifique.

Cette féminisation plus avancée dans les fonctions administratives ou scientifiques contraste avec certains métiers opérationnels, spécialisés ou de commandement qui restent davantage occupés par des hommes.

L’enjeu ne consiste donc pas uniquement à augmenter le nombre global de femmes, mais aussi à renforcer leur présence dans l’ensemble des corps, des grades et des spécialités.

Une progression annoncée de 3,8 % depuis 2014

La Police nationale indique que la représentation féminine a progressé de 3,8 % depuis 2014. L’institution ne précise cependant pas, dans sa publication, si ce chiffre correspond à une évolution relative du nombre de femmes ou à une progression de leur part dans les effectifs.

La tendance générale est néanmoins celle d’une féminisation progressive. Chaque année, de nouvelles policières adjointes, gardiennes de la paix, officières, commissaires, scientifiques, agentes administratives et contractuelles rejoignent les services.

Cette progression demeure lente au regard de l’écart qui sépare encore l’institution d’une représentation équilibrée. Avec un peu plus de 31 % de femmes, près de deux agents sur trois restent des hommes.

23 femmes parmi les 74 commissaires titularisés en juillet 2026

La composition de la nouvelle promotion de commissaires illustre également ce déséquilibre.

Un décret publié au Journal officiel le 27 juin 2026 a nommé et titularisé 74 commissaires issus de la 76e promotion de l’École nationale supérieure de la police, avec une prise de fonctions à compter du 1er juillet.

Le décompte de la liste officielle fait apparaître 23 femmes et 51 hommes. Les femmes représentent ainsi 31,1 % de cette nouvelle promotion, une proportion presque identique à celle constatée dans l’ensemble de la Police nationale.

Cette donnée ne suffit pas à mesurer la place occupée par les femmes dans tous les postes de direction. Elle montre néanmoins que les nouvelles arrivées dans le corps des commissaires ne permettent pas encore d’atteindre un équilibre entre les sexes.

Les premiers concours ouverts aux femmes en 1972

La féminisation de la Police nationale est relativement récente à l’échelle de son histoire.

Les concours d’inspecteur, d’enquêteur et de commissaire ont été ouverts aux femmes en 1972. Il a fallu attendre 1978 pour que celles-ci puissent accéder aux concours d’officier de paix et de gardien de la paix.

Avant ces ouvertures, les femmes présentes dans la police étaient principalement affectées à des missions considérées comme spécifiques, notamment dans les brigades chargées de la protection des mineurs.

Depuis la fin des années 1970, elles ont progressivement intégré l’ensemble des services, y compris les unités d’enquête, le renseignement, les compagnies républicaines de sécurité et les directions centrales.

Des femmes accèdent désormais aux plus hauts postes

Plusieurs nominations ont marqué l’accès progressif des femmes aux fonctions de direction.

En 2004, Martine Monteil est devenue la première femme à diriger la direction centrale de la police judiciaire, devenue depuis la direction nationale de la police judiciaire.

Hélène Martini a été nommée en 2010 à la direction de l’École nationale supérieure de la police. Deux ans plus tard, Mireille Ballestrazzi est devenue la première femme à présider le comité exécutif d’Interpol.

En 2020, Laetitia Vincent a pris le commandement de la 40e compagnie républicaine de sécurité, devenant la première femme placée à la tête d’une compagnie de CRS.

En 2023, Céline Berthon est devenue la première directrice générale adjointe de la Police nationale. Ces nominations témoignent d’une évolution réelle, mais elles restent suffisamment exceptionnelles pour être encore présentées comme des premières historiques.

Un label renouvelé par l’AFNOR en 2025

Le ministère de l’Intérieur affirme avoir fait de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes l’une de ses priorités en matière de ressources humaines.

Il avait obtenu en 2018 le label « Égalité professionnelle entre les femmes et les hommes », délivré par l’Association française de normalisation. Cette certification a été renouvelée en 2025.

Le label évalue notamment les politiques de recrutement, de formation, de gestion des carrières, de rémunération, de communication interne et de prévention des discriminations.

La Police nationale dispose également de 114 référents égalité-diversité répartis sur le territoire. Ils doivent sensibiliser les personnels, accompagner les services et participer à la prévention des comportements discriminatoires.

La parité ne se limite pas au nombre total de femmes

Le chiffre global de 47 441 femmes permet de mesurer la féminisation de l’institution, mais il ne donne qu’une vision partielle de la situation.

L’égalité professionnelle doit également être examinée à travers les métiers occupés, les possibilités d’évolution, l’accès aux fonctions de commandement, les rémunérations, les contraintes de mobilité et la conciliation entre la vie professionnelle et la vie familiale.

Une institution pourrait ainsi compter davantage de femmes tout en conservant une forte concentration de celles-ci dans certains métiers ou dans les grades les moins élevés.

La progression numérique doit donc s’accompagner d’une meilleure représentation dans les unités spécialisées et les postes de responsabilité.

Une féminisation réelle mais encore incomplète

Plus de cinquante ans après l’ouverture du concours de commissaire aux femmes, la Police nationale a profondément évolué. Les policières sont aujourd’hui présentes dans presque tous les domaines : sécurité publique, police judiciaire, renseignement, maintien de l’ordre, intervention, police scientifique ou coopération internationale.

Leur part reste toutefois limitée à environ 32 % de l’ensemble des agents. La composition de la 76e promotion de commissaires, elle aussi féminisée à seulement 31 %, montre que le déséquilibre devrait persister pendant plusieurs années.

L’objectif affiché par l’institution est désormais de poursuivre les recrutements tout en facilitant l’évolution professionnelle des agentes déjà en poste.

Avec 47 441 femmes, la Police nationale n’est plus un univers exclusivement masculin. Elle demeure néanmoins loin d’une représentation équilibrée entre les femmes et les hommes.

Sources

Damien

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