Incendies volontaires : 59 personnes interpellées en France depuis le début de la saison des feux
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenir
Depuis le début de la saison des feux, 59 personnes soupçonnées d’avoir provoqué des départs d’incendie ont été interpellées en France. Les faits recensés concernent aussi bien des mises à feu volontaires que des comportements accidentels. Sept suspects ont été placés en détention provisoire, selon le bilan annoncé lundi 13 juillet 2026 par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.
Alors que la France traverse une saison des incendies particulièrement précoce et intense, les enquêtes menées par les policiers et les gendarmes se multiplient pour identifier l’origine des différents départs de feu.
Un total de 59 personnes a été interpellé sur l’ensemble du territoire depuis le début de la saison, a annoncé Laurent Nuñez lundi soir. Deux de ces interpellations sont directement liées aux incendies qui touchent la forêt de Fontainebleau, en Seine-et-Marne.
Le ministre a précisé que ces personnes étaient soupçonnées d’être à l’origine de mises à feu « volontaires ou accidentelles ». Cette distinction est importante : toutes les personnes interpellées ne sont donc pas soupçonnées d’avoir volontairement incendié une forêt ou une zone de végétation.
Sept personnes placées en détention provisoire
Parmi les 59 personnes interpellées, sept ont été placées en détention provisoire, selon les informations communiquées par le ministre de l’Intérieur et rapportées par l’Agence France-Presse.
Les autres suspects peuvent avoir été remis en liberté, placés sous contrôle judiciaire ou faire l’objet de procédures toujours en cours. Leur situation dépend de la gravité des faits, de l’existence d’éléments matériels et du caractère intentionnel ou non du départ de feu.
Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer si les incendies ont été provoqués par malveillance, par imprudence ou à la suite d’une activité interdite en période de risque élevé : travaux produisant des étincelles, brûlage de végétaux, barbecue, mégot mal éteint ou utilisation d’un équipement mécanique.
44 interpellations réalisées en zone gendarmerie
Quelques heures avant l’annonce du bilan national de 59 interpellations, la Gendarmerie nationale avait fait état de 44 personnes interpellées en zone gendarmerie.
Ce premier bilan concernait les territoires placés sous la compétence de la gendarmerie, principalement les zones rurales et périurbaines. Le chiffre de 59 communiqué ensuite par Laurent Nuñez englobe l’ensemble du territoire, y compris les procédures conduites en zone police.
Dans les secteurs ruraux et forestiers, les investigations peuvent être confiées aux brigades territoriales, aux brigades de recherches ou à des équipes spécialisées dans l’identification de l’origine des incendies.
Les constatations sont généralement réalisées dès que les conditions de sécurité permettent aux enquêteurs d’accéder à la zone brûlée. Les gendarmes et les techniciens recherchent alors le point de départ du feu, d’éventuels dispositifs d’allumage, des traces de carburant, des mégots ou des éléments laissés par un véhicule.
Près de 10 000 départs de feu recensés en France
Selon les données publiées le 13 juillet par la Gendarmerie nationale, près de 10 000 départs de feu de végétation ont déjà été recensés en France depuis le début de la saison.
Ces incendies ont détruit ou parcouru près de 32 000 hectares. Ce bilan, enregistré alors que la saison estivale est encore loin d’être terminée, illustre l’ampleur exceptionnelle du phénomène.
Le dimanche 12 juillet, environ 250 départs de feu auraient été signalés sur le territoire en une seule journée. Une trentaine étaient alors considérés comme critiques, selon le bilan présenté par le ministre de l’Intérieur.
Les fortes températures, la sécheresse des sols et de la végétation ainsi que le vent favorisent la propagation rapide des flammes. Dans ce contexte, un départ de feu limité peut devenir incontrôlable en quelques minutes.
Deux personnes interpellées après les incendies de Fontainebleau
Deux des 59 interpellations annoncées concernent les incendies qui se sont déclarés dans la forêt de Fontainebleau à partir du dimanche 12 juillet.
Plusieurs foyers distincts ont été observés dans le massif. Laurent Nuñez a déclaré que les incendies pourraient avoir une origine volontaire, sans toutefois présenter cette hypothèse comme définitivement établie.
Les investigations devront notamment déterminer si les différents foyers sont liés entre eux et si les personnes interpellées ont directement participé à leur déclenchement.
Les feux ont parcouru environ 1 300 hectares selon le bilan communiqué lundi soir. Près d’un millier d’habitants ont dû être évacués dans plusieurs communes menacées par les flammes.
Une centaine de gendarmes engagés à Fontainebleau
Une centaine de militaires du Groupement de gendarmerie départementale de Seine-et-Marne et de l’Escadron départemental de contrôle des flux ont été engagés dès le début de l’incendie.
Leurs missions consistent à évacuer les habitants, contrôler les routes, faciliter le passage des véhicules de secours et empêcher l’accès des personnes non autorisées aux secteurs dangereux.
Les gendarmes assurent également la surveillance des quartiers et des habitations évacués afin de prévenir les cambriolages et les intrusions. Un hélicoptère de la Section aérienne de la gendarmerie de Vélizy-Villacoublay a été engagé en appui des unités au sol.
Près de 500 sapeurs-pompiers ont par ailleurs été mobilisés pour lutter contre les flammes, avec l’appui d’avions bombardiers d’eau.
Une enquête distincte pour chaque départ de feu
Une interpellation ne signifie pas automatiquement que la personne concernée sera reconnue coupable. Chaque départ de feu fait l’objet d’investigations destinées à établir son origine et les responsabilités éventuelles.
Dans le cas d’un acte volontaire, les enquêteurs peuvent exploiter les images de vidéoprotection, les données téléphoniques, les témoignages, les déplacements de véhicules et les constatations réalisées sur le lieu de départ.
Pour un incendie accidentel, les investigations cherchent à déterminer si une imprudence, une négligence ou le non-respect d’une interdiction préfectorale est à l’origine du sinistre.
Les personnes interpellées bénéficient de la présomption d’innocence tant qu’elles n’ont pas été définitivement condamnées.
Les forces de l’ordre mobilisées pour prévenir de nouveaux incendies
Au-delà des enquêtes judiciaires, policiers et gendarmes participent à la prévention des feux de forêt. Des patrouilles sont organisées dans les massifs exposés et sur les routes permettant d’accéder aux zones naturelles.
Les forces de l’ordre peuvent contrôler le respect des interdictions d’accès, verbaliser les comportements dangereux et évacuer les promeneurs lorsque le risque devient trop élevé.
Les autorités demandent à la population de signaler immédiatement tout départ de feu en appelant le 18 ou le 112. Toute personne observant un comportement suspect peut également contacter la police ou la gendarmerie en composant le 17.
Le bilan des interpellations devrait continuer à évoluer au fil des enquêtes et des nouveaux départs de feu enregistrés pendant l’été 2026.