Enlèvement à Épinay-sur-Seine : le suspect parle d’un « prank », la victime reste silencieuse
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirUn enlèvement sous la menace d’une arme de guerre, filmé par les caméras de vidéosurveillance, mais présenté comme une simple « blague » par le principal suspect.
C’est l’étonnant scénario auquel sont confrontés les enquêteurs de Seine-Saint-Denis, après l’arrestation d’un homme soupçonné d’avoir participé à l’enlèvement d’un trentenaire à Épinay-sur-Seine.
Une scène d’une extrême violence
Le 23 septembre dernier, vers 19h45, un appel anonyme alerte la police : une personne vient d’être enlevée rue Eugene Couperin, à Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). Le témoin raconte avoir vu trois hommes, à bord d’une Porsche Macan et d’un Renault Scénic, frapper violemment leur victime avant de la forcer à monter dans l’un des véhicules, sous la menace d’un fusil d’assaut Kalachnikov.
Les enregistrements de vidéosurveillance confirment cette version, montrant l’extrême brutalité de la scène.
Arrestation et explications surprenantes
Le lendemain, la Porsche est interceptée à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne). Son conducteur, Judicaël, 31 ans, est immédiatement interpellé. Placé en garde à vue, il admet avoir conduit le véhicule, propriété de son père. Mais il tente de minimiser les faits : selon lui, l’enlèvement n’était qu’un « prank », une mise en scène destinée à tourner une vidéo pour les réseaux sociaux.
« Tout était simulé », assure-t-il aux enquêteurs, promettant que la victime, surnommée « B2 », confirmerait sa version. Pourtant, l’exploitation de son téléphone sème le doute : les policiers y découvrent notamment des images d’un complice présumé manipulant un fusil AK-47.
Une victime retrouvée, mais muette
La brigade de recherche et d’intervention de Paris est mobilisée pour retrouver « B2 », un homme de 35 ans. Celui-ci est finalement localisé sain et sauf dans son appartement de Deuil-la-Barre (Val-d’Oise). Mais loin d’appuyer la version du suspect, il refuse de coopérer.
Selon une source proche de l’affaire au Parisien, « il n’a répondu à aucune question des enquêteurs et a refusé de fournir les codes de déverrouillage de ses téléphones ». Face aux photos de son enlèvement, il s’est contenté de reconnaître avoir été contraint de monter dans le Renault Scénic, sans livrer plus d’explications sur ses ravisseurs ni sur ses liens avec eux.
Une enquête toujours en cours
Mis en examen et placé en détention provisoire le 26 septembre à Bobigny, Judicaël est désormais derrière les barreaux. Deux autres complices restent activement recherchés. L’enquête devra déterminer s’il s’agissait réellement d’un canular de mauvais goût, ou bien d’une opération criminelle soigneusement orchestrée.