À La Seyne, un ancien policier raconte quarante-cinq ans de terrain dans un livre
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirÀ 68 ans, Serge Supersac tourne une nouvelle page. Après quarante-cinq ans de carrière, cet ancien policier, passé par la Marine avant d’intégrer les rangs de la police nationale, publie Comment j’ai gardé la paix ? aux éditions Le Lys Bleu.
Un ouvrage dans lequel il retrace son parcours, de ses débuts comme gardien de la paix à ses dernières années à l’Institut national des hautes études de sécurité, où il travaillait aux côtés de sociologues, politologues et économistes pour analyser le terrain.
Passionné par le contact humain, ce retraité seynois, également plongeur chevronné, revendique une approche très technique de son métier. « Un policier ne doit être ni gentil ni méchant, il doit être efficace », insiste-t-il.
Depuis vingt-cinq ans, il s’intéresse de près à la relation police-population, qu’il estime fragilisée par l’érosion du dialogue au profit d’objectifs chiffrés. « On dit que c’est faute d’effectifs, mais ce n’est pas vrai », tranche-t-il.
En 2015, il met en place le Dispositif de cohésion police population (DCPP), concrétisant des idées mûries depuis longtemps. Dans son livre, il évoque aussi ses huit années comme réserviste dans les quartiers toulonnais de Sainte-Musse, Pontcarral et La Beaucaire. Non armé, souvent seul, il y a découvert un autre visage des habitants, loin des clichés. « Quand la population reprend confiance en la police, elle vient plus facilement porter plainte. Ce n’est pas un signe d’échec, mais de réussite », rappelle-t-il.
L’auteur, qui avait déjà publié Pour en finir avec les dealers (Grasset, 2010) et un essai sur la prohibition en 2020, émaille son récit d’anecdotes vécues : mères de famille dépassées, filatures, interpellations, tensions apaisées.
Un témoignage nourri d’expériences qui, pour lui, illustrent ce que la police devrait toujours rester : un service public au service de tous, à l’abri des instrumentalisations politiques.
