Affiche anti-sauvette : Quand la préfecture réinvente le profil du vendeur ambulant
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirUne campagne de sensibilisation de la préfecture de police de Paris contre la vente à la sauvette déchaîne les passions sur les réseaux sociaux depuis sa publication ce mercredi. En cause : le profil du vendeur représenté sur l’affiche, jugé peu fidèle à la réalité du terrain.
Le visuel en question met en scène deux personnages au style cartoonesque. D’un côté, un touriste curieux ; de l’autre, un vendeur à la sauvette lui tendant un porte-clés en forme de tour Eiffel. Mais c’est surtout l’apparence de ce dernier qui fait bondir une partie des internautes : un homme caucasien, aux airs de « Jean Franchouillard », selon les mots moqueurs de la députée européenne RN Mathilde Androuët, qui a relayé l’image sur le réseau social X.
Campagne plus que crédible de la part de l’administration de @BrunoRetailleau où Jean Franchouillard vendeur à la sauvette essaie de rouler un touriste.
Ne vous laissez pas non plus avoir : leur aveuglement volontaire au nom politiquement correct les empêchera de vous protéger ! pic.twitter.com/zL6kpXnN3m— Mathilde Androuët (@MAndrouet) August 6, 2025
La droite s’empare rapidement du sujet, dénonçant une forme de déni de réalité. « Tout à fait le portrait-robot du vendeur à la sauvette, il suffit d’aller se promener du côté de la Tour Eiffel pour le vérifier », ironise le chroniqueur Éric Naulleau. Gilbert Collard, ancien député européen, y voit même une tentative de « stigmatiser les Blancs », lançant : « Vrai ou faux ? »
Derrière ces réactions, une accusation : celle d’avoir volontairement gommé l’origine réelle de la majorité des vendeurs à la sauvette à Paris. Un choix qui ne serait pas anodin, selon certains commentateurs, qui rappellent les propos tenus dans Le Parisien il y a quelques années par le chef du département de lutte contre la criminalité organisée.
Celui-ci parlait d’une activité « très communautaire », évoquant une répartition bien établie : « Les boissons et les fleurs sont vendues par les Indo-Pakistanais, les souvenirs, par des ressortissants d’Afrique de l’Ouest. Et cela existe depuis plus de trente ans. »
La préfecture de police, de son côté, ne s’est pas encore exprimée sur la polémique. Reste que sa campagne, qu’on en débatte ou qu’on la dénonce, a atteint l’un de ses objectifs : faire parler d’elle. Un vieux principe du marketing que certains, au sein de la police, semblent connaître sur le bout des doigts.