Scandale à l’hôpital de Montreuil : Soupçons d’abus sexuels sur des bébés, manifestation et intrusion dans l’établissement
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirUne affaire d’une extrême gravité secoue l’hôpital André-Grégoire de Montreuil, où une infirmière de 26 ans, exerçant dans le service de réanimation néonatale, a été mise en examen pour agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans, captation et diffusion d’images à caractère pédopornographique. Elle s’est rendue mercredi soir au commissariat de Clichy-sous-Bois pour dénoncer des faits qu’elle reconnaît partiellement, mettant également en cause un homme de 28 ans, son ancien compagnon, lui aussi mis en examen pour complicité d’agression sexuelle.
Tous deux ont été placés sous contrôle judiciaire, malgré les réquisitions du parquet qui demandait leur détention provisoire. Comme le relate Le Monde, l’enquête a débuté après la diffusion de vidéos sur TikTok alertant sur un « scandale dans un hôpital du 93 », vidéos massivement relayées sur les réseaux sociaux.
Intrusion de manifestants dans l’hôpital
Selon Le Parisien, ce samedi après-midi, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées devant l’établissement, à l’appel de plusieurs collectifs communautaires. Peu avant 17 heures, certains manifestants ont pénétré dans l’enceinte de l’hôpital, avançant calmement dans les couloirs, sans dégradation ni heurts.
Dans une vidéo diffusée par le journaliste indépendant Clément Lanot, on voit des manifestants entourés de policiers. « Nous sommes tous calmes, chacun se responsabilise », déclare Yallyves, une mère de famille venue de l’Essonne. Les participants réclamaient des explications de la part de l’administration, notamment sur le rôle éventuel du service de réanimation néonatale, où travaillait l’infirmière incriminée.
Malgré leur présence pendant environ une heure, aucun responsable de l’hôpital n’a accepté de les recevoir, selon Malcom Biran, membre des collectifs Nehema et Puissance Noire, à l’origine du rassemblement. « La police a été conciliante, il n’y a eu aucun débordement », précise-t-il. Aucune interpellation n’a eu lieu, et aucune dégradation n’a été constatée, selon une source policière.
Une mobilisation autour d’accusations à caractère racial
Le rassemblement, intitulé « Justice pour les nourrissons noirs abusés par le personnel médical », visait à dénoncer un supposé caractère raciste des agressions présumées. Les manifestants reprochent aussi aux médias et à la direction de l’hôpital leur prétendue inaction.
Cependant, le parquet de Bobigny a indiqué que les faits ne présentaient aucun mobile racial, précisant que les deux nourrissons identifiés sont de couleurs de peau différentes : l’un noir, l’autre blanc.
L’un des organisateurs a annoncé son intention de poursuivre l’établissement en justice pour non-assistance à personne en danger, appelant à une structuration collective pour « se défendre ».
L’hôpital se défend et suspend l’infirmière
Dans un communiqué publié vendredi, la direction du Groupement hospitalier de territoire Grand Paris Nord-Est (GHT GPNE), dont dépend l’hôpital, affirme que l’infirmière exerçait uniquement en réanimation néonatale, sans lien avec la maternité. Elle a été suspendue à titre conservatoire dans l’attente des conclusions de l’enquête.
« Les agissements de cette infirmière, s’ils sont confirmés, relèvent d’une grave dérive personnelle que l’hôpital condamne fermement. Ils ne sauraient être assimilés à une quelconque pratique collective du service », souligne la direction.
L’affaire continue de susciter une vive émotion, notamment parmi les familles de jeunes patients, certaines ayant contacté l’hôpital dès la diffusion des vidéos sur les réseaux.
L’enquête se poursuit sous l’autorité du parquet de Bobigny, pour déterminer l’ampleur des faits et les responsabilités exactes des deux mis en cause.
