Affaire Hedi : Un rapport de l’IGPN épingle la commandante de police pour “faute disciplinaire”
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirL’enquête sur les violences subies par Hedi Rouabah, grièvement blessé dans la nuit du 1er au 2 juillet 2023 à Marseille, connaît un nouveau tournant.
Un rapport de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), versé au dossier il y a plusieurs mois, pointe un usage « disproportionné » de la force par les policiers impliqués et met directement en cause leur supérieure hiérarchique.
Selon des informations confirmées par BFMTV.com et Mediapart, la commandante de l’unité de la BAC, présente sur les lieux, commet une « faute disciplinaire » en n’intervenant pas pour empêcher ses équipes de se livrer à ces violences. Un constat qui contredit ses propres déclarations : Virginie G. avait assuré ne pas avoir été témoin des faits.
Des violences filmées et corroborées
Dans la nuit du 1er au 2 juillet 2023, alors que Marseille est secouée par des violences urbaines après la mort de Nahel à Nanterre, Hedi Rouabah, 22 ans, est touché à la tête par un tir de LBD. Il est ensuite roué de coups par quatre policiers de la BAC. Des séquences vidéos publiées ultérieurement par Mediapart montrent la scène. Le jeune homme, grièvement blessé, subit plusieurs interventions chirurgicales et une partie de son crâne doit être amputée.
L’un des policiers admet avoir tiré sur lui avant d’être placé en détention provisoire pendant 40 jours, puis libéré début septembre 2023.
La hiérarchie dans le viseur
Pour Me Mehdi Khezami, l’avocat de la victime, les conclusions de l’IGPN sont claires :
« Ce rapport nous conforte dans notre idée et ne fait que confirmer ce que l’on avance depuis plusieurs mois, à savoir que la commandante de police a assisté aux violences commises par ses subordonnés et qu’elle s’est abstenue d’y mettre un terme en dépit de son pouvoir hiérarchique. »
L’avocat estime même que le comportement de Virginie G. « caractérise plusieurs infractions pénales » et qu’il existe, à ce stade, « des indices graves ou concordants justifiant sa mise en examen ».
Une enquête toujours en cours
Près de deux ans après les faits, l’enquête se poursuit. Les quatre policiers mis en cause et leur commandante restent sous le coup de procédures pénales et disciplinaires.
