Seine-Saint-Denis : un bachelier entre le vie et la mort après l’explosion d’une bombe artisanale dans le parc de la Poudrerie
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirLa fête a tourné au cauchemar. Dans la nuit de lundi à mardi, un jeune homme de 18 ans, tout juste diplômé du baccalauréat avec mention très bien, se trouve entre la vie et la mort après l’explosion d’un engin pyrotechnique artisanal qu’il manipulait dans le parc de la Poudrerie, à la frontière de Sevran, Villepinte et Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis).
Il est 23h30 quand les policiers reçoivent un appel signalant un accident dans ce vaste parc, ouvert toute la nuit. Sur place, les fonctionnaires découvrent une scène de chaos : au sol, un adolescent grièvement blessé, la main en partie arrachée. À ses côtés, un ami du même âge souffre de blessures plus légères.
Une « démonstration » qui vire au drame
Selon les premiers éléments de l’enquête, l’un des jeunes aurait invité quelques amis à assister à la mise à feu d’un engin de sa fabrication. « Il pensait probablement à un petit feu d’artifice maison, mais l’objet s’est activé plus tôt que prévu », confie une source proche du dossier. La détonation a provoqué de lourds dégâts corporels.
Transporté en urgence absolue à l’hôpital, le jeune homme, inconnu des services de police, a un pronostic vital engagé. Son comparse, plus légèrement atteint, a également été hospitalisé relate Le Parisien.
Perquisition à Aulnay-sous-Bois
Dans la foulée, les enquêteurs du SDPJ 93 se rendent au domicile du blessé, dans le sud d’Aulnay-sous-Bois. Sur place, ils mettent la main sur du matériel servant à la confection de bombinettes et d’engins incendiaires.
Le parquet de Bobigny a ouvert une enquête pour « fabrication et détention d’engin incendiaire ou explosif », « blessures involontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à trois mois » et « blessures involontaires ayant entraîné une infirmité ».
Un fléau récurrent à l’approche du 14-Juillet
Chaque année, une cinquantaine de personnes en Île-de-France sont gravement blessées par des engins explosifs artisanaux ou des mortiers d’artifice manipulés sans précaution. Les chirurgiens parlent de véritables « mains de mortier » et évoquent des interventions dignes de la chirurgie de guerre.
Pourtant, un arrêté préfectoral interdit chaque été la détention d’artifices dans Paris et la petite couronne. Mais la réalité est tout autre : ces produits continuent de circuler, souvent vendus sous le manteau ou bricolés par des amateurs. Le quartier des grossistes chinois à Aubervilliers est régulièrement cité comme l’un des points d’approvisionnement.
Dans le parc de la Poudrerie, les promeneurs du matin découvrent encore les traces de la déflagration. « On entend souvent des pétards, mais jamais quelque chose d’aussi fort », souffle un riverain. Une enquête est en cours pour comprendre comment une soirée entre amis a pu basculer dans l’horreur.
