Trois policiers de la BRAV-M condamnés pour violences lors d’une interpellation à Paris
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirTrois policiers de la brigade de répression de l’action violente motorisée (BRAV-M) ont été condamnés ce jeudi par le tribunal correctionnel de Bobigny pour des violences physiques et verbales commises lors de l’interpellation d’un étudiant, en marge d’une manifestation contre la réforme des retraites à Paris en mars 2023.
Les faits remontent à la nuit du 20 mars 2023. Ce soir-là, un équipage de la BRAV-M interpelle sept personnes soupçonnées de dégradations dans la capitale. L’un des jeunes interpellés, Souleyman Adoum Souleyman, un étudiant tchadien, enregistre discrètement ses échanges avec les policiers. Quelques jours plus tard, la diffusion d’extraits audio dans les médias suscite une vive émotion dans l’opinion publique et une réaction immédiate du préfet de police de Paris.
Grâce à ces enregistrements, la justice parvient à identifier précisément les gestes et propos tenus par les agents. L’un des policiers est reconnu coupable d’avoir frappé à deux reprises Souleyman Adoum Souleyman au visage, alors que celui-ci était assis au sol, sans comportement menaçant. Il écope d’un an de prison avec sursis, de deux ans d’interdiction d’exercer la profession de policier, ainsi que d’une amende de 450 euros. Le parquet avait requis une peine plus clémente relate ACTU17.
Un second fonctionnaire, poursuivi pour des menaces verbales, est condamné à huit mois de prison avec sursis, un an d’interdiction d’exercer et 450 euros d’amende. Durant l’audience, il présente ses excuses à la victime, qui s’est constituée partie civile. C’est lui qui avait lancé à l’étudiant : « Toi, je t’aurais bien pété les jambes (…) La prochaine fois qu’on vient, tu monteras pas dans le car pour aller au commissariat, tu vas monter dans un autre truc qu’on appelle ambulance pour aller à l’hôpital. »
Un troisième agent, également reconnu coupable pour des violences verbales, se voit infliger une amende de 2 000 euros.
En rendant sa décision, le président de la 14e chambre correctionnelle, Youssef Badr, insiste sur la gravité des faits. « Si ces peines peuvent vous paraître difficiles, elles sont juste là pour vous rappeler que vous n’êtes pas au-dessus des lois », déclare-t-il aux trois policiers.
Il rappelle que leur statut de fonctionnaires leur confère des pouvoirs importants, notamment celui de priver de liberté, mais leur impose aussi un devoir d’exemplarité : « En cela, messieurs, vous devez être irréprochables. »
