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Intoxications alimentaires dans l’Aisne : Une famille de victimes demande « des réponses et une indemnisation » de l’État

·La rédaction ⏱ 3 min
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La colère gronde dans l’Aisne après une série d’intoxications alimentaires liées à la bactérie Escherichia coli.

Deux enfants d’une même famille font partie des 32 personnes contaminées depuis le début de l’alerte, déclenchée par la consommation de viande issue de plusieurs boucheries halal locales. Représentée par Me Emmanuel Ludot, la famille des jeunes victimes réclame des explications de la part des autorités ainsi qu’une indemnisation.

« Pourquoi en est-on arrivé là ? Rien n’est arrivé au hasard », s’interroge Me Ludot ce jeudi matin sur BFMTV. L’avocat dénonce un manque de transparence et de contrôle de la part de l’État, pointant l’absence d’explications officielles sur l’origine précise des contaminations. « Aujourd’hui, on n’a aucune explication qui est donnée », regrette-t-il. La famille, dont les deux enfants ont été hospitalisés plusieurs jours, a déposé une requête auprès du tribunal administratif d’Amiens mettant directement en cause la responsabilité de l’État.

Les investigations menées après le décès tragique en juin d’une fillette de 11 ans et plusieurs cas d’intoxications graves à Saint-Quentin ont mis en lumière des dysfonctionnements majeurs dans la chaîne d’approvisionnement et de contrôle sanitaire. Des analyses ont confirmé un lien biologique entre les cas de contamination et plusieurs boucheries halal locales. Au total, six établissements avaient été fermés fin juin par précaution, mais seule l’une d’elles a depuis été autorisée à rouvrir.

« On s’aperçoit qu’il n’y a pas eu de traçabilité sur cette viande. On s’aperçoit que ce sont des boucheries qui n’ont jamais ou peu été contrôlées », déplore Me Ludot, qui souligne l’absence d’inspections inopinées et de vérifications des conditions de conservation des viandes. « Et on est dans l’un des départements les plus pauvres de France », ajoute-t-il, mettant en parallèle le manque de moyens de contrôle sanitaire avec le niveau de vie du territoire. « Est-ce que cette bactérie serait arrivée à Saint-Tropez, à Nice ou à Cannes ? Non, parce qu’on y a les moyens [de prévention] », assène-t-il.

L’avocat pointe également l’éventuelle absence de formation de certains professionnels de la boucherie : « Est-ce que ces gens-là ont eu une formation dans la boucherie ? Je vous parie que non. Cela devait arriver et c’est arrivé. »

L’affaire a pris une dimension judiciaire nationale. Le parquet de Saint-Quentin, qui avait ouvert une enquête préliminaire pour homicide involontaire, blessures involontaires, mise en danger d’autrui et tromperie aggravée par la mise en danger de la santé humaine, s’est dessaisi le 25 juin au profit du pôle santé publique du parquet de Paris.

Face à l’émotion suscitée et aux nombreuses questions sans réponse, les regards se tournent désormais vers les autorités sanitaires et judiciaires pour tenter d’éclaircir les responsabilités et éviter qu’un tel drame ne se reproduise.

La rédaction

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