Crise au commissariat de Castres : « La corde est en train de péter »
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Une situation inédite secoue le commissariat de Castres. Plus de 50 policiers, tous grades confondus, sont actuellement en arrêt maladie, révélant un profond malaise dans les rangs des forces de l’ordre locales. Le service ne tient désormais que grâce à des renforts venus d’autres départements.
Depuis plusieurs jours, la tension est palpable dans les couloirs du commissariat de Castres. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 50 agents — administratifs, policiers adjoints, officiers, gradés — ont déposé un arrêt maladie relate La Dépêche. Un phénomène sans précédent, alors que 35 arrêts avaient déjà été recensés la semaine précédente. Ce nouvel épisode survient dans un contexte de sous-effectifs chroniques et d’épuisement généralisé. Une entrée en matière particulièrement tendue pour la nouvelle commissaire, Julie Birak, arrivée récemment à la tête du commissariat.
Un mal profond et ancien
Pour les syndicats, cette vague d’arrêts est le symptôme d’un malaise qui ne date pas d’hier. Bruno Bartoccetti, responsable zonal du syndicat Unité, évoque une « sorte de burn-out collectif ». Il dénonce une détérioration constante des conditions de travail, accentuée par un manque de moyens humains. « Le pourcentage est énorme. Une telle vague, c’est la marque d’un malaise profond au sein d’une circonscription », alerte-t-il.
Le syndicat Alliance, majoritaire dans le Tarn, se refuse à commenter directement ces absences massives, invoquant le respect du secret médical. Mais ses représentants rappellent que le commissariat de Castres fonctionne déjà avec 25 % d’effectifs en moins. « Entre les départs à la retraite et les arrêts maladie de longue durée, il manque plus d’une vingtaine de policiers », soulignait récemment Patrick Batigne, représentant du syndicat.
Début juin, une cinquantaine de fonctionnaires s’étaient déjà mobilisés devant le commissariat pour tirer la sonnette d’alarme. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, alors en visite dans le Tarn, avait été saisie de la situation.
Une réponse temporaire… venue d’ailleurs
Pour faire face à la crise, des renforts venus d’Albi, du Gard et de l’Hérault ont été mobilisés en urgence. Bruno Bartoccetti tient néanmoins à rassurer la population : « Est-ce que cela signifie pour autant qu’il y a moins de policiers sur le terrain à Castres ? Non ! La police s’adapte. Les missions d’urgence sont assurées. On peut faire le 17, il y aura une réponse. »
Mais ce système de renforts a ses limites. « On doit demander à des policiers d’autres circonscriptions de venir. C’est gênant pour le service public, et cela impacte aussi le fonctionnement des autres zones », prévient Bartoccetti.
Une profession à bout de souffle
Si le syndicat Unité ne remet pas en cause la légitimité des arrêts maladie, il s’inquiète de leurs conséquences. « On ne juge pas nos collègues. On comprend leur fatigue, leur colère. Mais ce type d’action fragilise et déstabilise les autres services », explique le responsable syndical.
Cette crise dépasse les frontières du Tarn. Elle reflète, selon les syndicats, une détresse généralisée dans la police nationale. « On se sent un petit peu délaissés », affirme Bartoccetti, rappelant que les effectifs n’ont pas évolué depuis deux décennies, malgré l’augmentation des missions et la mutation des menaces.
Et de conclure, avec gravité : « La corde est en train de péter. On est très inquiets pour l’avenir. »
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