« Ça n’a aucun sens » : La proposition de LFI de désarmer la police municipale déclenche un tollé
Montrez votre soutien aux forces de l’ordre en ajoutant notre média à vos favoris sur GoogleNeuf mois avant les élections municipales, la France insoumise (LFI) relance le débat sur la sécurité locale en proposant le désarmement des policiers municipaux. Une suggestion qui a suscité une vague d’indignation dans la classe politique comme chez les représentants des forces de l’ordre.
Invitée sur BFMTV dimanche 6 juillet, Mathilde Panot, cheffe de file des députés LFI, a affirmé que si son parti remportait des mairies lors des prochaines élections, il désarmerait les polices municipales, jugées « trop coûteuses » et « inutilement armées ». « Nous pensons qu’une police municipale de proximité n’a pas besoin d’être armée », a-t-elle déclaré, avant de proposer que les agents désarmés puissent être réintégrés au sein de la police nationale.
La colère des policiers municipaux
Les réactions des professionnels de la sécurité locale ne se sont pas fait attendre. « Quand j’entends ce discours, les bras m’en tombent. Je me demande dans quel camp Madame Panot se trouve », s’est indigné Thierry Colomar, président de la Fédération nationale des policiers municipaux, au micro de CNEWS. « Nous sommes les primo-intervenants, la police du quotidien. Nous avons besoin des outils nécessaires pour protéger les citoyens et nous protéger nous-mêmes », a-t-il insisté.
Pour de nombreux policiers, l’arme de service constitue une « assurance » dans un contexte de montée des violences urbaines. Thierry Colomar redoute que des agents désarmés ne puissent plus garantir la sécurité des citoyens en cas d’agression ou d’attaque.
Une proposition qui choque l’ensemble de la classe politique
La proposition de Mathilde Panot a également provoqué une levée de boucliers au sein de la classe politique, tous partis confondus. La cheffe des Insoumis a même suggéré de démanteler les caméras de vidéosurveillance, qu’elle juge inefficaces, renforçant ainsi la polémique.
« Traduction : avec cette gauche, vous n’aurez plus le droit à la sécurité. La gauche sans le peuple », a fustigé le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin sur X (ex-Twitter). De son côté, Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), a accusé LFI de « faire le choix des délinquants et du désordre », promettant que les maires RN feraient de la sécurité « la priorité absolue » de leur mandat.
Même au sein de la gauche, la proposition de Panot passe mal. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a déclaré sur Franceinfo que le PS ne soutiendrait « absolument pas » un maire insoumis qui voudrait désarmer sa police municipale ou supprimer la vidéoprotection. « Ça n’a aucun sens », a-t-il tranché.
Le maire socialiste de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, a lui aussi réagi avec fermeté : « Désarmer la police municipale, supprimer la vidéoprotection : c’est porter atteinte à la sécurité publique pour ceux qui en ont le plus besoin, ceux qui vivent dans les quartiers populaires. »
Une question sensible à l’approche des municipales
La question de la sécurité s’annonce comme un thème central des prochaines élections municipales. Le gouvernement, par la voix de François-Noël Buffet, ministre délégué chargé de la Sécurité du quotidien, a dénoncé des propos « scandaleux et irresponsables » de la part de LFI. Il a réaffirmé son intention de renforcer les prérogatives des policiers municipaux via un prochain projet de loi.
Dans un climat politique particulièrement tendu, les propos de Mathilde Panot illustrent une fois de plus les profondes divergences sur la place de la sécurité dans les politiques locales. Pour de nombreux élus, la sécurité reste un droit fondamental et non négociable. Les électeurs, eux, trancheront dans les urnes.
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