Élancourt : Le « commissariat du futur » ouvre ses portes, un concentré d’innovations pour la police nationale
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirDrones de dernière génération, réalité virtuelle, intelligence artificielle… Le tout nouveau hôtel de police d’Élancourt (Yvelines), inauguré ce vendredi par le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, incarne la police de demain. Conçu comme un véritable laboratoire d’innovation, ce commissariat expérimental permet de tester des outils technologiques avant leur déploiement à l’échelle nationale.
Un projet attendu depuis vingt ans
Attendu depuis plus de deux décennies, ce projet ambitieux voit enfin le jour, porté dès ses débuts par Jean-Michel Fourgous, président (LR) de l’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines et maire d’Élancourt depuis 1996. Comme le relate Le Parisien, réalisé pour un montant de 25 millions d’euros sur l’emplacement d’anciens courts de tennis, ce nouveau commissariat regroupe 300 fonctionnaires issus des commissariats de Trappes, Élancourt et Guyancourt. Si ces derniers restent ouverts, certaines missions, comme les gardes à vue, sont désormais centralisées à Élancourt.
« La finalité, ce serait d’intégrer à terme tout Saint-Quentin », ambitionne Jean-Michel Fourgous.
Un accueil repensé et des services innovants
Dès l’entrée, l’accueil a été totalement repensé. Des bornes interactives multilingues (26 langues disponibles) facilitent les démarches des visiteurs. Dans les cellules, les gardés à vue peuvent consulter un médecin à distance grâce à la téléconsultation, sans avoir à quitter les lieux.
Des technologies de pointe pour les policiers
Pour les forces de l’ordre, le changement est radical. Les entraînements au tir se font désormais en réalité virtuelle grâce à des casques immersifs. Un outil qui permet de s’exercer sans nuisance sonore et sans quitter le commissariat. « C’est une vraie avancée », salue le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau.
Autre innovation majeure : le spectromètre. Ce petit appareil révolutionne la détection de stupéfiants. Il suffit d’y déposer un produit suspect pour que l’analyse soit réalisée en quelques secondes, avec un résultat affiché directement sur smartphone. « Ça change la vie », confient les policiers qui l’utilisent déjà.
Un lieu sécurisé pour les victimes mineures
Au premier étage, une salle colorée spécialement conçue pour l’audition des victimes mineures offre un cadre rassurant. Particularité inédite : un robot « panda » piloté par intelligence artificielle écoute et enregistre les auditions pour éviter aux enfants de devoir répéter leur témoignage. Une première en France. « C’est tout l’objectif de ce commissariat : tester les innovations pour voir si elles ont une utilité à l’échelle nationale », explique Yann Drouet, commissaire divisionnaire d’Élancourt.
Un « pôle pilote » pour toute la France
Jean-Michel Fourgous le résume ainsi : « C’est un véritable laboratoire de recherche où l’on veut offrir les meilleures conditions de travail et les meilleurs outils à nos agents. » Ce commissariat joue donc le rôle de « pôle pilote », où innovations technologiques et nouvelles pratiques sont testées avant un éventuel déploiement sur l’ensemble du territoire.
Pourquoi Élancourt ?
Le choix d’implanter ce « commissariat du futur » à Élancourt repose sur trois critères stratégiques : la proximité avec Paris et la direction des programmes de la police nationale, un tissu entrepreneurial propice à l’innovation (notamment avec l’École 2600 spécialisée en cybersécurité) et un territoire idéal pour expérimenter les nouvelles technologies sur le terrain.
Des drones ultra-perfectionnés sont ainsi testés à La Verrière pour lutter contre les rodéos urbains et repérer les cachettes de motos illégales, grâce à des images nettes même à 120 mètres d’altitude.
Enfin, Élancourt s’est imposée naturellement comme le lieu idéal car son ancien commissariat était le plus vétuste des trois villes concernées. Un constat partagé depuis longtemps par les habitants eux-mêmes.
Vers une police 3.0
Avec cet hôtel de police innovant, Saint-Quentin-en-Yvelines devient un terrain d’expérimentation grandeur nature pour les outils de la police de demain. Une vitrine technologique au service des forces de l’ordre, mais aussi des citoyens, pour bâtir une sécurité publique modernisée et plus efficace.
