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Surveillant pénitentiaire passé à tabac : Une agente des impôts soupçonnée d’avoir livré son adresse à des membres du crime organisé

·La rédaction ⏱ 3 min
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Une fonctionnaire de 32 ans, employée au sein de l’administration fiscale en région parisienne, a été mise en examen et placée en détention provisoire ce mercredi. Elle est soupçonnée d’avoir transmis des informations sensibles à des membres du crime organisé, notamment au profit de détenus influents capables de commanditer des actes violents depuis leur cellule.

Cette affaire illustre une nouvelle fois l’inquiétante perméabilité de certaines institutions à l’infiltration criminelle, un phénomène dénoncé récemment par la procureure de la République de Paris : « Les grands réseaux criminels ne peuvent se déployer que grâce à la corruption ».

Une agression violente comme point de départ

Tout débute le 26 septembre 2024 par l’agression mystérieuse et brutale d’un surveillant pénitentiaire à Montreuil (Seine-Saint-Denis relate Le Parisien. Premier surveillant au quartier d’isolement de la maison d’arrêt de la Santé, le fonctionnaire est attaqué vers 22h30 par trois hommes masqués à son domicile. Les assaillants forcent la porte, le rouent de coups au visage et profèrent des menaces liées à ses fonctions : « Fais attention la prochaine fois au quartier d’isolement », lance l’un des agresseurs, en référence notamment à la saisie récente de téléphones portables détenus illégalement par des prisonniers.

Cette agression s’inscrit dans un contexte où, malgré leur isolement censé couper les détenus les plus dangereux de leurs réseaux criminels, certains continuent de piloter des activités illégales depuis leur cellule : meurtres, trafics, cambriolages… Une « ubérisation » de la criminalité qui inquiète les autorités.


Une piste inattendue : les impôts

L’enquête est confiée aux policiers du service départemental de la police judiciaire (SDPJ) de la Seine-Saint-Denis. Les premières arrestations permettent de confondre de jeunes exécutants : l’un d’eux avoue avoir été payé 800 euros pour frapper et intimider le surveillant pénitentiaire. Une jeune femme mineure, suspectée d’avoir conduit le commando, est également mise en examen.

Mais les enquêteurs s’interrogent : comment les agresseurs ont-ils obtenu l’adresse personnelle de la victime, une information confidentielle et protégée ?

C’est là qu’intervient un signalement du ministère de l’Économie à la justice. Des irrégularités suspectes ont été relevées dans l’utilisation des bases de données fiscales par une agente des impôts, Ghalia C. La jeune fonctionnaire aurait effectué, sans aucun lien avec ses missions, des recherches ciblées sur des surveillants pénitentiaires, dont la victime de l’agression, mais aussi sur des personnalités et de simples citoyens récemment victimes de cambriolages ou de home-jackings.

Silencieuse face aux enquêteurs

Placée en garde à vue en début de semaine sur commission rogatoire d’une juge d’instruction de Bobigny, Ghalia C. a choisi de garder le silence et de ne pas livrer le code secret de son téléphone, empêchant pour l’instant les enquêteurs d’exploiter ses éventuels échanges.

Les motivations exactes de la fonctionnaire restent floues : a-t-elle agi par appât du gain, sous la pression de réseaux criminels, ou sous l’influence d’une relation amoureuse ? Le mystère reste entier.

À la recherche des commanditaires

Ghalia C. a été mise en examen pour « association de malfaiteurs » et écrouée, conformément aux réquisitions du parquet de Bobigny. Son avocate n’a pas pu être jointe pour réagir à cette décision.

Les investigations se poursuivent désormais pour remonter jusqu’aux commanditaires de cette agression. Plusieurs détenus du quartier d’isolement de la Santé, connus pour leurs activités criminelles malgré leur incarcération, sont dans le viseur des enquêteurs. Certains sont soupçonnés d’avoir organisé, depuis leur cellule, une série de violences, d’enlèvements et de cambriolages.

Cette affaire met une fois de plus en lumière la capacité du crime organisé à corrompre et à manipuler des individus au sein même des institutions publiques, et à étendre son emprise bien au-delà des murs des prisons.

La rédaction

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