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Un jeu dangereux entre CRS vire au drame : Son collègue termine handicapé à vie

·La rédaction ⏱ 3 min
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Ce qui devait être une soirée conviviale entre collègues s’est tragiquement transformé en drame irréversible. Un policier de 45 ans, membre des Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS), a été condamné ce lundi par le tribunal correctionnel de Meaux à quinze mois de prison avec sursis simple, après une soirée qui a laissé l’un de ses camarades gravement handicapé.

Une soirée festive qui tourne au cauchemar

Les faits remontent à la nuit du 10 au 11 mars 2023, au sein du casernement des CRS au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne). Les agents de la compagnie 49 de Montélimar, en repos, profitent d’une fête bon enfant, loin de leurs missions habituelles. L’alcool est présent, mais selon les témoignages, sans excès manifeste : les analyses révèleront toutefois des taux respectifs de 1,32 et 1,36 gramme d’alcool par litre de sang chez les deux protagonistes.

Au cours de la soirée, les deux CRS décident de simuler un combat amical, inspiré de techniques de karaté. L’accusé, triathlète et sportif aguerri, relève le défi de son ami. Mais le « jeu » vire au drame : alors que l’un s’apprête à porter un coup de pied, l’autre mime un coup de poing. Le geste est imprécis. Le collègue bascule en arrière, sa tête heurte violemment le sol.

Des séquelles irréversibles

Rapidement pris en charge et héliporté vers l’hôpital Lariboisière à Paris, le blessé est victime de complications médicales aggravant son état. Aujourd’hui âgé de 52 ans, il souffre d’une paralysie partielle du bras et de la jambe gauche, d’une légère altération cognitive et doit vivre sous curatelle renforcée. Entièrement dépendant, il ne peut se déplacer qu’à l’aide d’un tripode ou d’un fauteuil roulant, nécessitant une assistance quotidienne pour les gestes de base.


Une personnalité saluée mais des zones d’ombre

À la barre, l’accusé, visiblement ému, a reconnu « un jeu débile ». Ce père de famille, divorcé et désormais écarté temporairement de la police, jouit pourtant d’une excellente réputation professionnelle. Ancien militaire, CRS depuis 2005, maître-nageur et secouriste, ses supérieurs décrivent un policier « fiable, professionnel et dévoué ».

Mais une attitude après les faits a éveillé les soupçons. Peu après l’accident, le prévenu contacte un témoin clé de la scène. Au cours de cette conversation enregistrée par d’autres collègues, il tente manifestement de minimiser les faits : « On est d’accord, il est tombé tout seul ou alors tu diras que tu n’étais pas là », aurait-il soufflé.

Une sanction mesurée

Le procureur avait requis une peine de 12 à 18 mois de prison avec sursis, sans inscription au casier judiciaire et sans interdiction définitive d’exercer. Des réquisitions suivies par le tribunal : quinze mois de prison avec sursis ont été prononcés. La juge a estimé qu’il n’était pas nécessaire de l’interdire d’exercer son métier, soulignant que « fort de cette tragique expérience, il saura désormais témoigner auprès de ses collègues des conséquences irréversibles de gestes dangereux. »

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