Piqûres pendant la Fête de la musique : Les syndicats de police dénoncent des influenceurs qui banalisent les agressions dans des « pranks » sur les réseaux sociaux
Montrez votre soutien aux forces de l’ordre en ajoutant notre média à vos favoris sur GoogleLa Fête de la musique a été entachée cette année par une inquiétante série d’agressions à la seringue sur tout le territoire français. Des hommes âgés de 19 à 44 ans ont été interpellés et placés en garde à vue après plusieurs dizaines de cas de piqûres signalés dans l’ensemble du pays. Ces actes inexpliqués et anxiogènes ont plongé les festivités dans un climat d’inquiétude.
Dès samedi soir, les signalements se sont multipliés : aiguilles et seringues ont été utilisées en pleine foule, parfois à l’encontre de femmes, dans un contexte d’appel à la violence ayant circulé sur les réseaux sociaux, appelant à « attaquer et piquer des femmes » pendant la fête.
Rien qu’en Île-de-France, la préfecture de police de Paris a recensé une vingtaine de cas, dont treize à Paris. Trois enquêtes distinctes ont été ouvertes après les témoignages d’une adolescente de 15 ans, d’un jeune homme de 18 ans et d’une femme, tous pris de malaise après avoir été piqués à divers endroits de la capitale.
Le phénomène est national : selon un document sécuritaire consulté par Le Parisien, la police nationale recensait dimanche soir 131 victimes et 14 suspects interpellés. De son côté, le ministère de l’Intérieur évoquait initialement 145 cas, en métropole comme en outre-mer.
Des interpellations dans toute la France
Parmi les suspects, un homme de 26 ans arrêté à Béthune (Pas-de-Calais), où une jeune fille a porté plainte après avoir été piquée — possiblement avec un cure-dent, selon les premières constatations. À Rouen (Seine-Maritime), un jeune de 20 ans a été interpellé alors que onze victimes présumées ont été recensées. Quatre autres individus, âgés de 20 à 35 ans, ont été arrêtés à Angoulême (Charente), où treize plaintes ont été déposées. Deux autres hommes de 19 et 20 ans ont été appréhendés à Draveil et Brunoy (Essonne).
À Lyon (Rhône), deux hommes, âgés de 19 et 24 ans, ont également été placés en garde à vue après avoir piqué deux victimes avec une seringue. À Abbeville (Somme), une mineure a même été retrouvée avec une aiguille plantée dans le bras, retirée sur place par les sapeurs-pompiers.
Les signalements ont afflué de partout : Metz (Moselle), où quinze personnes ont été prises en charge et transportées à l’hôpital pour des examens toxicologiques ; Limoges (Haute-Vienne), Nantes (Loire-Atlantique), Reims (Marne), mais aussi Avignon, Bergerac, Périgueux, Chambéry, Niort, Roanne, Saint-Denis de La Réunion ou encore Toulon. Fort heureusement, aucune victime n’a vu son pronostic vital engagé à ce stade.
Un phénomène inquiétant et des comportements irresponsables
Si les motivations des agresseurs restent floues, l’inquiétude grandit. Des syndicats de police ont d’ailleurs dénoncé le comportement irresponsable de certains influenceurs, comme Amine Mojito, qui s’est filmé en train de simuler des piqûres sur des passants avec une fausse seringue. « Inadmissible ! » réagit un représentant syndical. Dans un contexte de panique croissante, de tels comportements alimentent la psychose et brouillent encore un peu plus les investigations en cours.
Les forces de l’ordre poursuivent leurs enquêtes pour tenter de comprendre l’ampleur et la nature exacte de ces agressions. Des analyses toxicologiques sont en cours pour déterminer si des substances ont été injectées aux victimes.
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