Intoxications alimentaires dans l’Aisne : Huit enfants intoxiqués, une fillette décèdée, deux boucheries halal fermées, ce que l’on sait du drame sanitaire
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Un drame sanitaire secoue la ville de Saint-Quentin, dans l’Aisne. Huit enfants âgés de 1 à 12 ans ont été victimes d’une intoxication alimentaire ces derniers jours. L’une des victimes, une fillette de 11 ans, est décédée. Face à la gravité des faits, la préfecture de l’Aisne a ordonné vendredi 20 juin la fermeture administrative de deux boucheries de la ville, dans le cadre d’une enquête sanitaire en cours.
Les établissements visés sont la boucherie La Direction, située boulevard Henri Martin, et la boucherie Family, boulevard Gambetta. Comme le relate Le Figaro, tous deux proposaient des viandes certifiées halal, comme le confirment leurs communications sur les réseaux sociaux et leurs devantures.
Selon les premiers éléments recueillis par les autorités, « les enfants malades ont consommé de la viande ou des produits à base de viande issus de ces deux établissements quelques jours avant les symptômes », indique la préfecture dans un communiqué. Toutefois, à ce stade, « il n’est pas possible d’affirmer que la consommation des produits issus de ces deux établissements est à l’origine de la contamination ». La fermeture est donc décidée à titre préventif, le temps que les investigations se poursuivent.
Des analyses en cours
Des échantillons de viandes prélevés dans les deux boucheries ont été envoyés au laboratoire national de Marcy-l’Étoile, dans le Rhône. Les résultats des analyses sont attendus au début de la semaine prochaine. En parallèle, une enquête approfondie sur la traçabilité des viandes a été lancée pour remonter la chaîne d’approvisionnement.
La préfecture a également appelé les clients ayant acheté des produits dans ces boucheries entre le 1er et le 8 juin à ne pas consommer les viandes encore en leur possession, notamment les merguez, saucisses et viandes d’agneau. Les personnes concernées sont invitées à se signaler auprès de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) en précisant les produits achetés et leurs conditions de conservation.
Un syndrome grave et potentiellement mortel
La maladie dont ont été victimes les enfants est un syndrome hémolytique et urémique (SHU), provoqué par une souche pathogène de la bactérie Escherichia coli (E. coli). Cette affection grave se manifeste par des diarrhées sanglantes, des douleurs abdominales, des vomissements et, dans les cas les plus sévères, une atteinte des reins pouvant entraîner la mort. Selon Santé publique France, entre 100 et 165 cas pédiatriques de SHU sont recensés chaque année dans le pays.
Les intoxications de ce type sont souvent liées à la consommation de viandes hachées ou de produits carnés insuffisamment cuits. Cette affaire relance une nouvelle fois les débats sur les contrôles sanitaires dans certaines filières de distribution, notamment sur les circuits de la viande halal, où les normes d’hygiène peuvent varier selon les structures et les moyens de contrôle vétérinaire.
Une vigilance accrue mais aucune responsabilité encore établie
Pour l’heure, aucune responsabilité pénale ou commerciale n’a été établie. Le ministère de la Santé ne s’est pas encore exprimé publiquement sur cette affaire. La préfecture justifie néanmoins la fermeture administrative par « le risque de persistance d’une contamination bactérienne des locaux, des équipements et matériels ou des produits pendant plusieurs semaines », et par « l’urgence à agir au regard de la gravité des symptômes observés dont un décès ».
La réouverture des deux boucheries dépendra des résultats des analyses et de l’évolution de la situation épidémiologique. En attendant, les autorités locales appellent à la plus grande vigilance.
