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Mis à la retraite d’office sur la base d’un faux témoignage, un ex-policier demande réparation à Bruno Retailleau

·La rédaction ⏱ 3 min
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Évincé en 2020 à la suite d’un rapport controversé de l’IGPN, Jean-François Illy, ancien directeur départemental de la sécurité publique des Alpes-Maritimes, en appelle aujourd’hui à Bruno Retailleau pour obtenir sa réintégration dans la police nationale.

Il avait été surnommé le « commissaire courage » après avoir été roué de coups lors des émeutes de Villiers-le-Bel en 2007. Aujourd’hui, Jean-François Illy, 60 ans, réclame justice. Mis à la retraite d’office en 2020, l’ex-haut fonctionnaire de la police nationale conteste les conditions de son éviction, qu’il juge « injustes et disproportionnées », et appelle le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, à reconnaître « l’erreur de l’administration ».

« Je demande ma réintégration sur la base d’une sanction totalement disproportionnée. Peu importe le poste ou la région, je suis flic dans l’âme. Qu’on me juge sur mes résultats », déclare-t-il.


Un dossier entaché de soupçons de manipulation

À l’origine de sa mise à l’écart : un rapport de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), fondé sur les accusations de son ancien chauffeur, lorsque Jean-François Illy dirigeait la DDSP du Bas-Rhin. Ce dernier l’accusait alors d’avoir utilisé abusivement sa carte de service pour des frais personnels.


Mais depuis, le témoin principal s’est rétracté et dénonce à son tour une manipulation : « J’ai été contraint de charger M. Illy. Tous mes propos ont été recueillis sous la menace de perdre mon emploi », affirme-t-il aujourd’hui dans un procès-verbal d’audition de sept pages, que Nice Matin a pu consulter. Il affirme avoir subi des pressions et menaces de la part de l’IGPN, allant jusqu’à déposer plainte pour subornation de témoin.


Une sanction « plus lourde qu’un PV de stationnement »

Sur le plan judiciaire, Jean-François Illy a été condamné à une simple amende de 3 000 euros avec sursis, une peine relativement clémente au regard des faits initialement reprochés. Pourtant, il a été mis à la retraite d’office, une décision qu’il juge désormais fondée sur une enquête « partiale, orientée et teintée de faussetés ».

« C’est moins qu’un PV de stationnement, et pourtant on m’a rayé de la police sur cette base-là. Je n’ai ni colère ni rancune, je veux juste qu’on reconnaisse la vérité », confie l’ancien commissaire.


Un parcours marqué par l’engagement et les résultats

Jean-François Illy revendique 32 ans de service, marqués notamment par son rôle central dans l’opération de neutralisation du terroriste Chérif Chekkat, responsable de l’attentat du marché de Noël de Strasbourg en 2018. « J’ai toujours agi dans la légalité et au service de l’État », martèle-t-il.

Discret sur le traitement réservé à d’autres collègues toujours en poste malgré des condamnations plus lourdes, il refuse d’entrer dans une logique de règlement de comptes. Sa démarche est claire : obtenir réparation et reprendre du service.


Aujourd’hui, son espoir repose entre les mains du ministre de l’Intérieur. Un ministre qu’il juge « capable de reconnaître une erreur administrative » et qui pourrait, selon lui, être l’homme d’un retour à l’équité. Jean-François Illy n’aspire à rien d’autre qu’à remettre l’uniforme. Son combat, c’est celui d’un homme qui veut à nouveau servir.

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