Loire : Condamnée pour avoir sauvé une chienne maltraitée, Diane refuse de baisser les bras
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirLe combat de Diane Gouhier, présidente de l’association Cœur sur Pattes, soulève l’indignation bien au-delà des cercles militants.
Cette militante de la cause animale de 32 ans vient d’être condamnée pour vol de chien, après avoir sauvé une femelle staffie de deux ans retrouvée agonisante dans un local à poubelles. Une décision de justice que l’intéressée, soutenue par de nombreux citoyens et défenseurs des animaux, qualifie d’« aberrante ».
« J’ai été traitée comme une délinquante pour avoir sauvé un chien de la mort ! », déplore-t-elle au Parisien.
Le 9 avril 2023, Diane découvre sur les réseaux sociaux qu’un chien en détresse a été repéré à La Fouillouse, près de Saint-Étienne. Sur place, en accord avec les pompiers, elle prend en charge l’animal, nommé Riya, et l’emmène d’urgence chez un vétérinaire. Une décision vitale : la chienne est squelettique, déshydratée, et souffre d’un prolapsus vaginal nécrosé. « Elle rampait vers moi. Elle était à bout de forces », raconte-t-elle.
La propriétaire de Riya est alors injoignable. Lorsqu’elle finit par rappeler, la discussion tourne court. Diane ne croit pas à ses explications. Vérification faite, aucun rendez-vous vétérinaire n’est programmé, contrairement à ce que la propriétaire affirme. La militante dépose alors plainte pour maltraitance et entame une procédure de réquisition de l’animal.
Mais la situation s’envenime rapidement : la propriétaire dépose plainte à son tour pour vol. Diane est placée en garde à vue pendant 24 heures. « Quand j’ai vu quatre policiers débarquer chez moi, j’ai cru à une blague. » La justice lui ordonne de rendre Riya, mais elle refuse.
Le 2 mai dernier, le verdict tombe : Diane Gouhier est reconnue coupable de vol d’animal. Elle fait immédiatement appel et maintient sa position : Riya ne retournera pas chez sa propriétaire. « C’est ma mission, j’irai jusqu’au bout. »
En tout, cinq opérations et 6 500 euros de soins ont été nécessaires pour sauver la chienne. Aujourd’hui, Riya est hors de danger.
Me Corinne Béal-Cizeron, avocate de Diane, reste confiante : « Elle a toute mon admiration. Ce qu’elle fait pour les animaux est exceptionnel. » En parallèle, la plainte pour maltraitance contre la propriétaire est toujours en cours. Mais la procédure, elle, s’éternise. « On me dit que ma citation est irrecevable. Nous avons relancé en citation directe », précise l’avocate.
Dans l’attente du jugement en appel, Diane Gouhier reste debout, portée par les nombreux messages de soutien qu’elle reçoit. Et si elle garde le silence sur la localisation de Riya, c’est pour une seule raison : « Je ne peux pas la trahir. »
