Ancien militaire ayant combattu en Afghanistan, père de famille, médaillé pour acte de courage : Une pétition voit le jour pour soutenir le policier qui a neutralisé Nahel Merzouk lors d’un refus d’obtempérer à Nanterre
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirL’Institut pour la Justice (IPJ), association engagée pour une réforme de la justice pénale, appelle les citoyens à signer une pétition en soutien au policier mis en détention provisoire après la mort de Nahel Merzouk lors d’un refus d’obtempérer à Nanterre. Pour l’association, cet agent des forces de l’ordre est « sacrifié par l’État » pour apaiser les violences urbaines qui ont éclaté dans la foulée du drame.
Un portrait de policier exemplaire
Dans un long courrier adressé à ses soutiens, Axelle Theillier, présidente de l’IPJ, dresse le portrait d’un « fonctionnaire décoré », ancien militaire ayant combattu en Afghanistan, et père de famille. L’homme aurait reçu deux médailles pour actes de courage et de dévouement, et serait unanimement décrit par ses collègues comme « un policier exemplaire, calme et réfléchi ».
Opposant ce profil au passé judiciaire de la victime — fiché pour 15 faits différents, selon l’IPJ — l’organisation dénonce une « inversion des valeurs » et considère que ce policier est traité « comme un criminel », alors qu’il aurait agi en conformité avec la loi.
Retour sur les faits
Le drame s’est produit un matin de juin, lorsqu’une patrouille de policiers à moto tente de contrôler un véhicule roulant à vive allure sur une voie de bus. Après plusieurs refus d’obtempérer, la Mercedes est finalement bloquée dans un embouteillage. Les policiers, armes à la main, ordonnent au conducteur de ne pas redémarrer. Mais selon la version relayée par l’IPJ, la voiture redémarre brusquement. Coincé entre un muret et le véhicule, le policier tire une seule fois. La balle touche le conducteur à l’épaule et atteint son thorax, causant sa mort.
Une légitime défense selon l’IPJ
L’association s’appuie sur l’article L. 435-1 du Code de la sécurité intérieure pour affirmer que l’usage de l’arme était légal. Cet article autorise les policiers à tirer pour immobiliser un véhicule lorsque ses occupants représentent une menace grave et immédiate pour la vie ou l’intégrité d’autrui. L’Institut pour la Justice fait valoir que la Mercedes aurait failli renverser un cycliste et un piéton, justifiant ainsi, selon eux, le tir de l’agent.
La détention provisoire dénoncée
L’incarcération du policier a été vécue comme une injustice par de nombreux soutiens. « Il s’est retrouvé seul, debout dans une cellule, drap dans une main et brosse à dents dans l’autre, comme les délinquants qu’il combat chaque jour », écrit Axelle Theillier. Pour l’IPJ, cette détention ne repose sur aucune justification légale solide, et serait uniquement motivée par la volonté de désamorcer la colère dans les quartiers.
L’association souligne également qu’une affaire comparable, jugée en Charente, s’est conclue sans détention provisoire pour le policier impliqué, renforçant selon elle le caractère politique de la décision de justice dans l’affaire de Nanterre.
Une pétition pour demander sa libération
Dans sa lettre, l’Institut pour la Justice appelle à une large mobilisation citoyenne en ligne. « Florian n’est pas un assassin », écrit l’IPJ, qui demande la fin immédiate de sa détention et le respect de l’indépendance de la justice, « même lorsque l’État est sous pression ».
Un débat toujours aussi clivant
Ce nouvel épisode relance un débat explosif en France, entre partisans d’un soutien renforcé aux forces de l’ordre face à la montée de l’insécurité, et défenseurs d’un strict encadrement de l’usage de la force publique, particulièrement dans les quartiers populaires. Les événements ont également ravivé les tensions autour du refus d’obtempérer, devenu l’un des motifs les plus fréquents d’intervention violente ces dernières années.
Si vous voulez participer à cette pétition afin de montrer votre solidarité à ce policier, vous pouvez vous rendre sur ce lien.
