« Personne n’est venu » : Une assistante sociale violée dans la prison d’Anvers
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirC’est une affaire qui a profondément choqué le personnel pénitentiaire et relancé les débats sur les conditions de sécurité dans les prisons. En septembre dernier, une assistante sociale expérimentée a été violée par un détenu de 25 ans dans l’enceinte de la prison d’Anvers en Belgique. Un drame aggravé par des défaillances techniques et humaines.
Une agression brutale en milieu carcéral
Les faits remontent au 2 septembre. Ce jour-là, l’assistante sociale, de retour de congés estivaux, était chargée d’un entretien avec Younes E., incarcéré pour des faits non précisés et condamné à dix mois de prison. Ce rendez-vous de routine a tourné au cauchemar. Le détenu a agressé la travailleuse sociale, la plaquant contre un mur, tentant de l’embrasser avant de la violer, après lui avoir bâillonné la bouche pour l’empêcher d’appeler à l’aide.
Une sécurité défaillante
L’agression aurait pu – et dû – être évitée. Selon les protocoles en vigueur, deux surveillants doivent être présents à proximité durant tout entretien entre un détenu et un membre du personnel. Or, ce jour-là, un seul agent était posté derrière la porte. Pire encore : le bouton d’urgence, censé alerter immédiatement les gardiens, ne fonctionnait plus. La victime, bien qu’elle ait tenté de l’activer, n’a reçu aucune aide.
Un second bouton, présent sur son talkie-walkie, n’a pas pu être actionné correctement dans le chaos de l’agression. Ce n’est qu’au son de ses cris qu’un surveillant est finalement intervenu.
Une victime brisée, un système en question
Choquée, traumatisée, l’assistante sociale n’est toujours pas retournée sur son lieu de travail. « Elle est complètement bouleversée par les faits », a confié son avocat Walter Damen. Malgré les circonstances, la victime avait tenté de comprendre son agresseur, souffrant selon les experts d’une déficience intellectuelle.
Devant le tribunal, elle a livré un témoignage poignant : « Dans la rue, on est seul en cas de problème. Ici, en prison, on vous viendra toujours en aide. Du moins, c’est ce que je pensais. Jusqu’à ce que j’appuie moi-même sur le bouton d’urgence et que personne ne vienne à mon secours. »
Elle a conclu son intervention par une question lourde de sens : « Qui garantit notre sécurité ? »
Quatre ans requis, un retour au Maroc envisagé
Le ministère public a requis quatre années de prison à l’encontre de Younes E. L’avocate de la défense a demandé que soit prise en compte la déficience mentale de son client. Ce dernier a accepté d’être expulsé vers le Maroc après avoir purgé sa peine.
Le détenu de 25 ans, Younes E., a été condamné à cinq ans de prison ferme, une peine plus sévère que les quatre ans initialement requis par le ministère public. De plus, il a été privé de ses droits civiques pour une durée de cinq ans et devra verser des dommages et intérêts à la victime rapporte VRT.
Le tribunal a souligné la gravité des faits et a noté que l’accusé avait agi uniquement en fonction de ses propres désirs et pulsions sexuelles, se comportant de manière extrêmement violente.
