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Couple de policiers tués à Magnanville : Neuf ans après l’attentat, nouveau procès pour le complice présumé

·La rédaction ⏱ 4 min
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Presque neuf ans après l’attentat djihadiste ayant coûté la vie à deux policiers dans leur domicile de Magnanville, dans les Yvelines, Mohamed Lamine Aberouz, 31 ans, comparaît à partir de ce lundi 26 mai 2025 devant la cour d’appel de Paris. Condamné en première instance à la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans, il espère cette fois obtenir l’acquittement.

Accusé de complicité dans le double assassinat de Jessica Schneider, 36 ans, et Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans — tous deux policiers — le soir du 13 juin 2016, Mohamed Lamine Aberouz va de nouveau faire face à la justice. Comme le relate Ouest-France, la cour d’assises spéciale de Paris l’avait reconnu coupable en octobre 2023 de complicité d’assassinats terroristes sur personnes dépositaires de l’autorité publique. L’homme nie depuis le début toute implication dans l’attaque, perpétrée au nom de l’État islamique par son ami d’enfance, Larossi Abballa, abattu lors de l’intervention du RAID.

Un crime qui a marqué durablement la police

Ce soir-là, Jessica Schneider, fonctionnaire de police au commissariat de Mantes-la-Jolie, est égorgée à son domicile sous les yeux de son fils de 3 ans. Peu après, Jean-Baptiste Salvaing, commandant au commissariat des Mureaux, est poignardé à neuf reprises en rentrant chez lui. Il aura le temps de prévenir les secours avant de succomber à ses blessures. Ce double meurtre, dans la sphère privée, a profondément choqué l’institution policière, pour la première fois visée à domicile par une attaque terroriste.

Des preuves contestées

L’accusation repose en grande partie sur une trace ADN de Mohamed Lamine Aberouz retrouvée sur l’ordinateur des victimes. Pour Me Thibault de Montbrial, avocat de la famille Schneider, cette présence génétique est une preuve décisive : « L’ADN de l’accusé est clair et net, à un endroit cohérent avec sa participation ». La défense conteste fermement cette interprétation, évoquant un possible transfert d’ADN via le véhicule de Larossi Abballa, où des traces similaires avaient été relevées.


Les experts, lors du premier procès, avaient jugé cette hypothèse de transfert peu probable, sans toutefois l’écarter complètement. L’un d’eux avait même souligné que la trace retrouvée sur l’ordinateur était « pure » et d’une concentration telle qu’un transfert indirect semblait difficile. Des incertitudes que les avocats de la défense, Mes Vincent Brengarth et Nino Arnaud, qualifient aujourd’hui de « doutes très forts ». « Rien ne corrobore la présence de notre client sur la scène du crime. Une juridiction ne doit pas écrire une histoire, mais démontrer une complicité, ce qui n’a pas été fait », soutiennent-ils.

Des souvenirs flous, un témoignage troublant

Seul témoin du drame, le fils du couple, alors âgé de 3 ans, avait évoqué la présence d’un « méchant » et d’un « gentil » : l’un voulait le tuer, l’autre aurait répondu « non, pas encore ». Une déclaration troublante, mais difficile à interpréter. Sa tante, chez qui il vit depuis, a précisé que l’enfant n’avait pas su dire si la deuxième personne était bien présente physiquement ou vue à travers un écran.

Un climat judiciaire tendu

Le nom de Larossi Abballa reste au cœur de l’affaire. Présenté comme « totalement acquis à la cause de l’État islamique » par la cour, il était un proche de Charaf-Din Aberouz, frère aîné de l’accusé, lui-même condamné en 2013 pour association de malfaiteurs terroriste. Charaf-Din Aberouz, initialement visé dans l’enquête avant de bénéficier d’un non-lieu, est aujourd’hui mis en examen pour menaces de mort à l’encontre de Me de Montbrial.

Pour la famille Schneider, représentée par Me de Montbrial, ce procès d’appel ne doit pas remettre en cause la décision prise en première instance : « L’accusé est l’un des islamistes français les plus dangereux. La première condamnation est parfaitement motivée, et doit être confirmée. » Me Pauline Dufourq, avocate de la famille de Jean-Baptiste Salvaing, souligne que ce nouveau procès, bien qu’il ne puisse tout expliquer, « constitue un passage nécessaire sur le chemin de la vérité et de la mémoire ».

Une audience décisive

Cette audience d’appel, qui doit durer jusqu’au 20 juin, s’annonce cruciale pour Mohamed Lamine Aberouz. Ses avocats la décrivent comme « l’audience de la dernière chance ». Face à lui : l’acquittement ou une nouvelle condamnation pour complicité d’un crime qu’il nie avoir commis. Neuf ans après l’attaque de Magnanville, la justice va de nouveau se pencher sur un dossier aussi sensible que complexe, où la vérité judiciaire doit s’extraire des doutes, des douleurs, et des drames encore à vif.

La rédaction

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