Pau : 150 policiers en colère manifestent devant la préfecture
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirSamedi 24 mai, à la mi-journée, environ 150 policiers se sont rassemblés devant la préfecture des Pyrénées-Atlantiques à Pau, à l’appel du syndicat Alliance Police Nationale, pour une « barbecue-manifestation » très symbolique. Armés de panneaux et de fumigènes, ils ont exprimé leur colère face au non-respect, selon eux, des engagements de l’État concernant les effectifs et les budgets alloués à la police.
Ce rassemblement faisait suite à l’annonce, cinq jours plus tôt, d’un plan de mutations qualifié de « catastrophique » par les policiers, qui menace d’accentuer la précarité des services dans de nombreuses zones. « Les collègues déjà en difficulté essayent de maintenir la délinquance, parfois au prix de leur santé, d’un investissement personnel énorme pour compenser des services sous tension », a expliqué David Leyraud, secrétaire de la zone Sud du syndicat Alliance chez Sud-Ouest. « Or, de nombreuses zones vont se retrouver sans aucun complément d’effectifs, avec les départs à la retraite non remplacés qui arrivent. »
Au-delà de la question des effectifs, les policiers ont également pointé du doigt le manque de moyens matériels. « On ne demande pas à doubler nos salaires ! Mais les budgets insuffisants, avec des parcs automobile et informatique vieillissants, ce sont des dossiers qui s’accumulent sur les bureaux des enquêteurs, et des victimes qui attendent. C’est ça, la réalité ! » dénonce encore David Leyraud.
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte social tendu, où un autre syndicat, Un1té, majoritaire dans le département, avait adressé plus tôt dans la semaine une lettre ouverte au maire et Premier ministre François Bayrou. Par l’intermédiaire de Christophe Labarthe, Un1té dénonce « la situation alarmante que traversent actuellement les policiers nationaux, tant à Pau que sur la côte basque ». Il souligne « l’usure physique et mentale qui met en péril la santé de ces femmes et de ces hommes engagés au service de la République », et lance un appel « en urgence » pour « renforcer les effectifs, revaloriser les conditions de travail et réaffirmer le soutien de l’État à ceux qui assurent notre protection au quotidien ».
Alors que les taxis poursuivaient leur mouvement de protestation à quelques centaines de mètres, surveillés par d’autres policiers, les manifestants ont rapidement troqué les fumigènes pour les fumées d’un barbecue allumé devant les grilles de la préfecture, mêlant ainsi revendications sociales et esprit de camaraderie.
Cette journée de mobilisation illustre une nouvelle fois la tension palpable au sein des forces de l’ordre, en quête de reconnaissance et d’un soutien accru de la part des autorités.
