Oise : Deux collégiennes violentées et humiliées, leur calvaire diffusé sur les réseaux sociaux
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirL’affaire provoque une onde de choc dans la commune de Gouvieux et au-delà. Deux collégiennes ont été victimes d’actes de violence et d’humiliation d’une rare cruauté, perpétrés par d’autres élèves mineurs, et filmés avant d’être diffusés sur les réseaux sociaux. Le parquet de Senlis a ouvert une enquête pour « violences aggravées ».
Une agression planifiée et filmée
Les faits se sont déroulés le week-end des 10 et 11 mai dans un appartement situé à proximité du collège Sonia-Delaunay, où sont scolarisées les victimes comme le relate Le Parisien. Au moins trois adolescents, dont deux élèves du même établissement, auraient attiré les deux jeunes filles au domicile parental de l’un des mis en cause.
Selon une source proche du dossier, l’agression aurait été préméditée, les suspects ayant échangé à ce sujet sur la messagerie cryptée Telegram.
Une fois sur place, les collégiennes auraient été contraintes de se doucher habillées sous l’eau froide, tout en étant insultées, humiliées, et victimes d’attouchements simulés avec un bâton. L’intégralité de la scène a été filmée, puis partagée sur TikTok et Telegram, où elle a rapidement circulé parmi les élèves du collège.
Une communauté scolaire sous le choc
« On n’a pas l’habitude de voir ça », confie un collégien encore bouleversé après avoir vu l’une des vidéos. Selon plusieurs témoignages, les adolescentes étaient en pleurs, enfermées à clé dans l’appartement. Une élève proche des victimes évoque même un véritable cas de séquestration.
C’est un membre du personnel du collège qui aurait donné l’alerte après avoir surpris un élève en train de visionner la vidéo. Le collège Sonia-Delaunay a aussitôt effectué un signalement au procureur, et les agresseurs présumés ont été rapidement identifiés et entendus par la gendarmerie.
Mesures disciplinaires et accompagnement des victimes
Les élèves mis en cause ont été convoqués en conseil disciplinaire et font l’objet d’une mesure conservatoire : ils sont pour l’heure interdits d’accès à l’établissement. Le rectorat de l’académie d’Amiens précise que les victimes « sont accompagnées par le collège » sans plus de détails sur la nature de cet accompagnement.
« Une horreur absolue »
L’affaire suscite une vive émotion dans les rangs des associations de parents d’élèves. « Pour moi, c’est une horreur absolue, c’est même inimaginable », déclare Sylvain Duyck, président de l’Union académique de la PEEP Picardie. « Comment peut-on avoir cette idée, orchestrer et préméditer ce genre de faits ? Ça dépasse l’entendement. »
Le procureur de la République de Senlis, Loïc Abrial, précise qu’« une enquête est en cours au sujet des faits de violences aggravées » et que d’autres qualifications, comme la séquestration, pourraient être envisagées selon l’évolution des investigations.
