Rapport « choc » sur la montée des Frères musulmans en France : Un réseau tentaculaire pour instaurer la charia
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirCommandé en mai 2024 par le gouvernement, un rapport confidentiel met en lumière l’expansion discrète de l’islamisme politique dans les sphères associatives, sociales et cultuelles françaises.
C’est un document explosif que le gouvernement s’apprête à présenter en Conseil de défense ce mercredi. Long de 73 pages et classé secret défense, le rapport rédigé par le diplomate François Gouyette et le préfet Pascal Courtade, à la demande du ministère de l’Intérieur, dresse un état des lieux préoccupant de la progression du « mouvement frériste » en France, autrement dit l’idéologie portée par les Frères musulmans.
Mardi matin, devant le siège des Républicains, le sénateur Bruno Retailleau a sonné l’alarme : « C’est un islamisme à bas bruit qui se répand en tentant d’infiltrer les associations sportives, culturelles, sociales ou autres, avec pour but de faire basculer toute la société française dans la charia. » Un avertissement fondé sur les conclusions de ce rapport encore confidentiel, dont des extraits ont été publiés ce mardi par Le Figaro.
Un maillage associatif structuré
Les auteurs du rapport révèlent une emprise diffuse mais réelle : environ 280 associations actives dans les domaines cultuel, scolaire, caritatif ou encore financier, seraient « rattachées à la mouvance frériste ». De plus, 139 lieux de cultes identifiés comme liés au réseau — auxquels s’ajoutent 68 autres considérés comme proches — représentent près de 7 % des mosquées françaises, fréquentées par quelque 91 000 fidèles. Un phénomène loin d’être marginal.
Comme le relate Le Dauphiné Libéré, pour étayer leur analyse, Gouyette et Courtade se sont appuyés sur une dizaine de déplacements en France et en Europe, une quarantaine d’entretiens avec universitaires et responsables musulmans, et des échanges avec les services de renseignement.
Une implantation locale et silencieuse
Depuis les années 1990, le rapport évoque la mise en place d’écosystèmes communautaires destinés à encadrer « la vie du musulman de sa naissance à sa mort ». Une stratégie d’influence discrète, mais structurée, qui s’appuie notamment sur des quartiers populaires à majorité musulmane, ciblant les territoires de la politique de la ville.
Ces réseaux proposent des services variés allant de l’aide à l’emploi aux voyages organisés, en passant par des sites de rencontres ou le développement personnel. Les régions les plus touchées seraient l’Île-de-France, les Hauts-de-France, le Grand Est, Auvergne-Rhône-Alpes et les Bouches-du-Rhône.
Une radicalisation rampante
Le rapport pointe aussi une rigorisation croissante de la pratique religieuse, particulièrement chez les jeunes. Le port de l’abaya chez les adolescentes et le voilement de plus en plus précoce des petites filles en sont les signes visibles. Pour les auteurs, cette évolution n’est pas anodine : elle reflète un glissement idéologique orchestré, visant à redéfinir l’espace public à l’aune d’une lecture rigoriste de l’islam.
Vers une riposte institutionnelle ?
Face à cette situation, plusieurs recommandations sont formulées. Les auteurs suggèrent la remise régulière d’un rapport parlementaire sur les menaces à la sécurité nationale pour mieux informer le public, et plaident pour une refonte de la notion de séparatisme, jugée trop floue pour appréhender le caractère insidieux du projet frériste.
Autre piste : un nouveau discours public permettant de mobiliser l’ensemble de la population, et notamment les Français de culture ou de confession musulmane, afin de contrer « le grand récit » proposé par les islamistes.
Des mesures sociales et symboliques
Enfin, certaines propositions visent à apaiser les frustrations identitaires qui peuvent nourrir l’adhésion à ces idéologies. Parmi elles : l’apprentissage de l’arabe à l’école publique, ou encore une reconnaissance par la France d’un État palestinien, mesure à forte portée symbolique pour une partie de la communauté musulmane.
Alors que le gouvernement s’apprête à dévoiler une version allégée du rapport au public, la question d’un équilibre entre vigilance sécuritaire et cohésion nationale se pose plus que jamais. Pour l’heure, le signal est clair : la menace frériste, bien que discrète, est désormais au cœur des préoccupations de l’État.
