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« Opération Prison Break » : 500 perquisitions menées dans les prisons françaises pour démanteler un trafic de téléphones miniatures

·La rédaction ⏱ 3 min
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Une opération de grande ampleur baptisée « Prison Break » a été déclenchée ce mardi dans 66 établissements pénitentiaires à travers toute la France. Objectif : saisir des téléphones miniatures illégalement introduits en détention et démanteler un réseau structuré mêlant acteurs français et étrangers.

Coordonnée par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, l’opération a permis d’effectuer près de 500 perquisitions en cellule, une mobilisation exceptionnelle qui révèle l’ampleur du phénomène.

Un réseau international dans le viseur

L’enquête, menée conjointement par la Brigade de lutte contre la cybercriminalité (BL2C) et l’Unité nationale cyber (UNC) de la gendarmerie, vise notamment des infractions liées à la fourniture d’objets interdits en détention, en l’occurrence des téléphones portables « miniatures » — de la taille d’un briquet, configurés de manière spécifique pour échapper aux contrôles de sécurité.

Ces appareils étaient fabriqués par une société chinoise, puis commercialisés en France par un fournisseur identifié sous le nom « OPORTIK », présenté comme le pivot du réseau. Leur principal argument de vente : l’indétectabilité face aux portiques des établissements pénitentiaires comme le relate Actu17.


Des usages criminels avérés

Selon les autorités, ces téléphones ont été utilisés depuis l’intérieur des prisons pour organiser diverses infractions graves : trafic de drogueescroqueriesincendies volontaires de commerces, et même tentatives de meurtres commanditées. Le Service national de renseignement pénitentiaire a joué un rôle clé dans l’identification des utilisateurs de ces dispositifs.

Trois fournisseurs interpellés, le site OPORTIK saisi

Ce mardi, les enquêteurs ont également saisi le nom de domaine de la société OPORTIK et interpellé trois fournisseurs opérant sur le territoire français. Par ailleurs, les téléphones saisis seront analysés par l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information), afin de détecter d’éventuelles « backdoors » susceptibles d’avoir permis une exfiltration de données vers l’étranger.

Le parquet de Paris précise que l’ensemble des 5000 téléphones estimés en circulation en France fait l’objet de cette opération de démantèlement. Des poursuites judiciaires sont envisagées, mais pourraient être transférées aux parquets localement compétents selon le lieu de saisie des appareils et l’identité des détenus impliqués.

Coopération européenne en cours

Dans une démarche de coopération internationale, le parquet de Paris, via Eurojust, a transmis aux autorités judiciaires européennes les éléments techniques permettant d’identifier ces téléphones, en vue de potentielles actions similaires dans d’autres pays.

Cette opération « Prison Break » marque une étape majeure dans la lutte contre les réseaux criminels exploitant les failles du système carcéral et met en lumière l’importance croissante de la cybersurveillance dans les enquêtes pénitentiaires.

La rédaction

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