Refus d’obtempérer : Bruno Retailleau ordonne la poursuite systématique des chauffards en fuite
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirLe ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a annoncé un tournant majeur dans la politique d’intervention des forces de l’ordre face aux refus d’obtempérer, avec pour objectif l’uniformisation des procédures sur tout le territoire.
Face à la recrudescence des refus d’obtempérer, en forte hausse en 2024 avec près de 25 000 cas recensés selon le service statistique ministériel de la sécurité intérieure, le gouvernement passe à l’action.
Dimanche 18 mai, lors du journal télévisé de 20 heures sur TF1, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a annoncé une nouvelle directive ferme : « Dans 48 heures, j’enverrai à nos forces de l’ordre une nouvelle instruction qui va leur permettre de poursuivre celles et ceux qui mettent en cause la vie de beaucoup de Français ».
Concrètement, cette note ordonne désormais aux policiers et gendarmes d’engager systématiquement la poursuite des véhicules refusant d’obtempérer, « afin d’intercepter les véhicules et d’interpeller les auteurs ». Il s’agit d’un changement stratégique majeur : jusqu’ici, les courses-poursuites n’étaient autorisées qu’à Paris, ou exceptionnellement ailleurs, dans le cadre de délits d’une gravité extrême, tels que la fuite d’un criminel dangereux ou l’évasion d’un détenu.
Une harmonisation attendue
La nouvelle doctrine vise à mettre fin à une application différenciée des règles selon les territoires. Jusqu’alors, en dehors de la capitale, les forces de l’ordre devaient souvent se limiter à une surveillance à distance, via la vidéosurveillance et les dispositifs d’alerte, pour éviter les risques inhérents aux courses-poursuites, comme les accidents.
Cette harmonisation des règles d’intervention, selon le ministre, permettra aux forces de sécurité d’agir plus efficacement et de restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire. « On ne peut plus tolérer qu’un conducteur puisse impunément ignorer un contrôle routier », aurait affirmé un proche du ministère.
Des débats à prévoir
Si cette mesure est saluée par certains syndicats de police, elle pourrait aussi susciter des débats sur les risques accrus liés aux courses-poursuites, tant pour les forces de l’ordre que pour les usagers de la route. Les précédentes directives limitaient ces interventions en raison du danger qu’elles pouvaient représenter dans les zones urbaines denses ou à forte circulation.
Le ministère assure toutefois que cette nouvelle consigne sera accompagnée de formations adaptées et de précautions renforcées pour encadrer ces interventions.