Étaples : Elle frappe ses chiens, filme la scène et incite sa fille de trois ans à faire de même…
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirUne jeune femme de 22 ans, habitante d’Étaples (Pas-de-Calais), a été condamnée ce mercredi à un an de prison avec sursis probatoire pour sévices graves et actes de cruauté envers des animaux domestiques.
Le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer a également prononcé à son encontre une interdiction définitive de détenir un animal, applicable immédiatement relate France 3.
L’affaire débute en mai 2024 lorsqu’un signalement parvient à la SPA de Canche-Authie via les réseaux sociaux. À l’appui, des vidéos accablantes dans lesquelles la prévenue se met elle-même en scène en train de frapper ses chiens. Pire encore, elle incite sa fille, âgée de trois ans, à participer aux maltraitances. L’une des phrases glaçantes captées dans les enregistrements : « Je sais que c’est de la maltraitance, mais je m’en fous. »
Alertées, la SPA et d’autres associations, dont celle de Stéphane Lamart, ont rapidement porté plainte. L’enquête a permis de révéler l’ampleur des violences : coups de pied, étranglements par traction de laisse, privations d’eau et de nourriture, ainsi que des conditions de vie déplorables pour d’autres animaux détenus, notamment deux chats et deux lapins vivant dans une pièce insalubre.
Les examens vétérinaires ont mis en évidence malnutrition, douleurs articulaires, lésions cutanées, troubles neurologiques et ophtalmiques, verminose sévère, et de graves problèmes bucco-dentaires.
Face aux juges, la jeune femme a reconnu les faits, évoquant une dépression et des « coups de colère », tout en déclarant paradoxalement aimer les animaux. Lors de l’enquête, elle avait finalement accepté de céder ses animaux à une association.
Une maltraitance banalisée sur les réseaux sociaux
L’affaire s’inscrit dans un contexte préoccupant. Selon l’association Stéphane Lamart, les signalements de maltraitance animale, souvent appuyés par des vidéos partagées sur les réseaux sociaux, se multiplient. En 2024, la SPA a enregistré plus de 21 000 signalements et procédé à 208 opérations de saisie judiciaire.
Stéphane Lamart, présent au procès, s’inquiète de voir des actes aussi barbares banalisés parmi les plus jeunes. Il rappelle une autre affaire récente : celle de collégiens normands qui avaient tué un chaton en se filmant. Pour lutter contre ce fléau, il milite pour l’abaissement de l’âge de responsabilité pénale à 10 ans, estimant que « dès cet âge, on sait faire la différence entre le bien et le mal. »
Malgré un arsenal législatif renforcé en 2021 — prévoyant jusqu’à 75 000 euros d’amende et cinq ans de prison en cas de mort animale —, les peines maximales ne sont que rarement prononcées. Pour le défenseur des animaux, l’urgence est autant judiciaire que culturelle : faire évoluer les mentalités, notamment au sein des plus jeunes et des magistrats.
Que faire en cas de maltraitance animale ?
La protection animale est l’affaire de tous. Si vous êtes témoin d’actes de maltraitance, vous pouvez effectuer un signalement confidentiel et anonyme auprès des associations de protection animale, ou alerter la gendarmerie ou la police nationale. En cas d’urgence, composez le 17.
