Attaques contre les prisons : Vaste opération antiterroriste contre le groupuscule « DDPF », 22 interpellations
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirUne opération de grande envergure a été lancée ce lundi matin pour frapper au cœur du mystérieux groupuscule « DDPF », responsable d’une vague d’attaques contre des établissements pénitentiaires.
Coordonnée par la Sous-direction antiterroriste (SDAT) avec l’appui de plusieurs services de police judiciaire, cette opération vise plus d’une trentaine de suspects à travers la France comme le relate Le Parisien.
À ce stade, 22 personnes ont été interpellées en région parisienne (Seine-et-Marne, Hauts-de-Seine) ainsi que dans la Drôme, le Gard, les Bouches-du-Rhône, le Var, le Rhône ou encore la Gironde. De nouvelles arrestations sont encore en cours.
Une enquête sous pression
Le parquet national antiterroriste (PNAT) pilote cette enquête ouverte pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, dégradation de biens, et tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste.
Depuis deux semaines, plus de 65 faits violents — incendies, tirs d’armes lourdes, jets de cocktails molotov, menaces — ont été recensés, semant l’inquiétude parmi les personnels pénitentiaires. Dix dossiers ont été formellement repris par la justice antiterroriste.
Le ministre de la justice Gérald Darmanin a salué l’opération sur le réseau X (ex-Twitter), affirmant que « force reste à la loi et à la République dans notre lutte implacable contre le narcotrafic ».
Merci aux magistrats et aux forces de l’ordre d’avoir procédé tôt ce matin à l’interpellation des auteurs présumés des attaques contre les agents pénitentiaires et les prisons de notre pays. Force reste à la loi et à la République dans notre lutte implacable contre le… https://t.co/YUC1UxeL6N
— Gérald DARMANIN (@GDarmanin) April 28, 2025
Une dérive du crime organisé
Derrière la façade pseudo-politique affichée par le « DDPF » (« Défense des droits des prisonniers français »), les enquêteurs voient la main du milieu criminel organisé. Selon plusieurs sources proches du dossier, les attaques auraient été commanditées depuis l’intérieur des prisons par des détenus influents, et exécutées par des jeunes recrues, parfois mineures, enrôlées via les réseaux sociaux contre quelques centaines d’euros.
Les suspects, peu expérimentés, ont souvent laissé des traces compromettantes. Certaines attaques ont même été revendiquées sur des applications chiffrées comme Telegram, mais aussi sur TikTok, dans des vidéos de mauvaise qualité, loin des standards de la clandestinité.
Une violence décomplexée
Le mode opératoire, marqué par une grande imprudence, rappelle celui des nouvelles générations du narcobanditisme : jeunes, violents et imprévisibles.
Parmi les faits les plus graves imputés à la DDPF, figurent :
- Des tirs de kalachnikov contre la prison de Toulon-La Farlède,
- L’incendie du véhicule d’un agent pénitentiaire à Aix-Luynes,
- L’appel public à dénoncer les adresses de personnels pénitentiaires contre rémunération.
Dans une action particulièrement glaçante, les membres du groupuscule se sont filmés en train de tirer sur des façades de maisons, promettant des primes de 1000 à 5000 euros pour obtenir des informations sur des surveillants.
La DDPF est même allée jusqu’à attaquer par erreur la maison d’une retraitée en Isère, croyant viser une agente pénitentiaire.
Vers une redéfinition du terrorisme ?
La justice antiterroriste pourrait conserver la main sur cette affaire inédite. Le code pénal définit l’acte terroriste non par son idéologie, mais par son objectif : « troubler gravement l’ordre public par la terreur ou l’intimidation ».
Si la piste du crime organisé se confirme, ce serait la première fois que la justice antiterroriste se saisit d’attaques de cette nature en France, soulignant la montée inquiétante du narcobanditisme et l’extension de ses méthodes brutales hors des circuits traditionnels du trafic de stupéfiants.
Les enquêteurs poursuivent désormais leurs investigations pour identifier les véritables commanditaires et démanteler les structures derrière cette campagne de terreur.
