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« Égorgés et découpés » : Une icône du Tour de France soupçonnée d’avoir orchestré le massacre de ses voisins

·La rédaction ⏱ 3 min
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C’est une onde de choc qui traverse la Colombie, et bien au-delà. Selon une enquête explosive diffusée ce dimanche 20 avril par la chaîne colombienne Noticias Uno, l’ex-champion cycliste Lucho Herrera, figure légendaire du cyclisme dans les années 1980, serait au cœur d’un scandale macabre mêlant assassinats, paramilitaires et convoitise foncière.

Luis Alberto « Lucho » Herrera, 63 ans, héros national connu pour ses exploits en montagne sur le Tour de France — dont il a remporté trois étapes et le maillot à pois en 1985 et 1987 — est aujourd’hui sous le feu des projecteurs pour des raisons bien plus sombres. Selon les témoignages recueillis par Noticias Uno et relayés par La Dépêche, l’ancien grimpeur aurait commandité l’assassinat de quatre de ses voisins afin de s’emparer de leurs terres jouxtant sa propriété à Fusagasugá, sa ville natale perchée dans les Andes centrales.

Un plan orchestré avec des paramilitaires

C’est l’un des trois hommes impliqués dans le meurtre collectif du 23 octobre 2002 qui a brisé le silence, livrant un récit glaçant :

« M. Lucho Herrera m’attendait à la ferme, il m’a offert une bouteille d’eau et m’a remis deux enveloppes. Dans l’une, il y avait les photos de quatre personnes que nous devions ‘ramasser’. Il disait qu’ils étaient des miliciens de la guérilla des FARC et qu’ils projetaient de le kidnapper. Dans l’autre enveloppe : 40 millions de pesos, pour acheter des fusils et des motos. »

Les quatre paysans désignés, dont les petites parcelles bordaient la propriété de l’ancien cycliste, ont été retrouvés morts sur ses terres. Le parquet colombien a ouvert une enquête, qualifiant ces meurtres de « crimes contre l’humanité », ce qui rend leur poursuite imprescriptible.

« Découpés en six morceaux »

Le récit des exécutions, relaté par un autre des membres du commando paramilitaire, glace le sang :

« Il était environ 6 ou 7 heures du soir. Deux ont été placés à l’arrière de la voiture, deux à l’avant. Nous les avons égorgés, découpés à la machette, puis enterrés au bord de la route. Ils ont été découpés en six morceaux : la tête, les bras, les jambes, le tronc. »

Le groupe d’exécution appartenait à une milice paramilitaire dirigée à l’époque par Martin Llanos, un nom tristement connu en Colombie, proche de Lucho Herrera depuis que ce dernier avait été brièvement enlevé par les FARC en 2000.

Une légende à terre

Surnommé « le petit jardinier de Fusagasugá », Herrera était jusqu’ici considéré comme l’un des plus grands symboles sportifs du pays. Sa chute, si les faits sont avérés, serait brutale et irréversible.

Lucho Herrera n’a pas encore réagi publiquement aux accusations. Son entourage garde le silence, tandis que l’opinion publique oscille entre stupeur et indignation.

Cette affaire pourrait marquer un tournant dans la perception des anciennes gloires sportives en Colombie, dans un pays où la frontière entre héros populaire et tragédie nationale peut parfois se révéler aussi mince que le sommet d’un col alpin.

La rédaction

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