Saint-Brieuc : Un détenu accusé d’avoir orchestré un trafic via Snapchat et à l’aide d’une caméra
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Incarcéré depuis 2022 à la maison d’arrêt de Saint-Brieuc, un détenu de 25 ans, au casier judiciaire déjà lourd de 18 condamnations, est soupçonné d’avoir dirigé un vaste trafic de stupéfiants depuis sa cellule.
Cocaïne, héroïne, cannabis : les substances circulaient entre Rennes, Saint-Brieuc et Guingamp, sous la supervision du prévenu, selon le parquet.
Présenté ce lundi en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc, l’homme aurait mis en place un système de surveillance inédit depuis sa cellule. Grâce à une caméra installée dans le salon de sa compagne, il suivait en temps réel les activités du réseau, tout en maintenant le lien avec fournisseurs et clients via l’application Snapchat.
Sa compagne de 26 ans, elle aussi poursuivie, a affirmé avoir été sous pression constante : « Il doit savoir où je suis tout le temps », a-t-elle déclaré, expliquant être géolocalisée en permanence par le détenu.
La jeune femme a été placée sous contrôle judiciaire dans l’attente du procès comme le relate Le Télégramme. Le troisième prévenu, un homme originaire de Guingamp que le couple a désigné comme le fournisseur principal, a nié toute implication et sollicité un délai pour préparer sa défense. Le procès a donc été renvoyé au 6 juin 2025.
L’audience de ce lundi n’a toutefois pas été exempte de tensions. Le principal accusé, visiblement agité, a menacé son co-prévenu en pleine salle d’audience : « Y’a un contrat sur ta tête, t’es mort ! », a-t-il lancé avant d’être expulsé manu militari. Par mesure de sécurité, il sera transféré à la prison de Rennes durant l’incarcération à Saint-Brieuc de l’autre prévenu.
Ce coup de filet met une nouvelle fois en lumière l’utilisation croissante des réseaux sociaux et outils numériques dans l’organisation de trafics depuis l’intérieur des établissements pénitentiaires.