Châlons-en-Champagne : Des pompiers verbalisés lors d’une manifestation « trop bruyante »
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Une amende de 150 euros a été infligée au syndicat CGT des pompiers de la Marne, accusé d’avoir troublé la tranquillité publique lors d’une manifestation jugée trop bruyante en mars dernier. Le syndicat dénonce une sanction « incompréhensible » et « disproportionnée ».
Le 21 mars dernier, les pompiers de la Marne, réunis sous la bannière de la CGT, manifestaient devant le siège du conseil départemental à Châlons-en-Champagne pour dénoncer une baisse de budget alloué au Service départemental d’incendie et de secours (SDIS). Une action symbolique et revendicative, accompagnée de pétards, sifflets, musique et d’un système sonore à gaz utilisé habituellement pour effrayer les oiseaux dans les champs. Mais cette fois-ci, le bruit a coûté cher.
Près d’un mois après les faits, le syndicat a appris, par courrier, qu’il devait s’acquitter d’une amende de 150 euros pour « bruit ou tapage injurieux troublant la tranquillité publique par l’utilisation d’un système tonne fort customisé », selon les termes du procès-verbal. À cette amende s’ajoutent 62 euros de frais.
Un « excès de zèle », selon Mario Santin, secrétaire général de la CGT au sein du SDIS de la Marne, qui s’étonne de la sévérité de la sanction. « C’est un appareil à gaz qui fait des petites explosions, rien d’anormal dans une manifestation. Le commissaire a trouvé ça trop fort. Mais curieusement, quand les agriculteurs ont manifesté avec leurs tracteurs, personne n’a été verbalisé », déplore-t-il a France 3.
Le rassemblement visait à protester contre la diminution de la dotation départementale allouée aux pompiers. Une baisse d’environ 440 000 euros dans le budget 2025, sur une enveloppe globale avoisinant les 20 millions. Une décision jugée incompréhensible par les syndicats, alors que le SDIS fait déjà face à un manque criant d’effectifs : 24 postes seraient vacants dans le département, selon la CGT.
Sur le terrain, la tension est palpable. « On a toujours fait du bruit lors de nos manifestations. Il n’y a aucune raison d’agir comme ça », insiste Mario Santin, qui affirme que le rassemblement du 21 mars s’est déroulé de manière pacifique. Il envisage désormais de contester l’amende avec l’aide d’un avocat.
La CGT a déposé un préavis de grève courant jusqu’à la fin avril, avec une reconduction prévue chaque mois jusqu’à obtention de « conditions de travail normales ». Des distributions de tracts et de nouvelles actions sont prévues, notamment après les vacances scolaires. Une chose est sûre : « On fera toujours du bruit », promet le représentant syndical.