Attaques coordonnées contre les prisons : Un premier suspect interpellé en Essonne
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirL’enquête sur les attaques visant plusieurs établissements pénitentiaires en France connaît une première avancée. Un homme, détenu en semi-liberté, a été interpellé ce mercredi matin en Essonne selon Le Parisien. Il est soupçonné d’être lié à la chaîne Telegram « DDPF » (« Défense des prisonniers français »), à l’origine des revendications de ces actions violentes.
Placée en garde à vue, la personne interpellée serait le premier suspect dans une affaire qui secoue profondément l’administration pénitentiaire depuis plusieurs jours. Selon une source proche du dossier, les enquêteurs s’interrogent encore sur le rôle exact de cet individu : simple sympathisant ou acteur direct dans les actes de dégradation recensés ? « Il faut rester prudent, son rôle n’est pas encore clairement établi », indique une source.
Un groupuscule virulent sur les réseaux cryptés
L’affaire a éclaté après une série d’attaques coordonnées, revendiquées par le groupe DDPF via la messagerie cryptée Telegram. Depuis dimanche soir, plusieurs véhicules appartenant à des surveillants ont été incendiés, notamment à Marseille et à Luynes-Aix (Bouches-du-Rhône). Dans la nuit de lundi à mardi, des tirs de kalachnikov ont visé la façade de la prison de Toulon – La Farlède, heureusement sans faire de blessés.
Des tags portant la mention « DDPF » ont également été découverts sur les murs de plusieurs établissements, ainsi que dans le hall d’un surveillant à Meaux (Seine-et-Marne).
Face à la gravité des faits, le parquet national antiterroriste (PNAT) s’est saisi de l’enquête. Celle-ci est menée par la sous-direction antiterroriste de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), en lien avec les directions zonales et la DGSI.
Des revendications en ligne et une riposte des plateformes
Dans plusieurs messages diffusés sur leur chaîne Telegram, les administrateurs de DDPF dénoncent le traitement des détenus, qu’ils jugent « humiliant », et se présentent comme des défenseurs des droits de l’homme en milieu carcéral : « Sachez que nous ne sommes pas des terroristes, nous sommes là pour défendre les droits de l’homme à l’intérieur des prisons », peut-on lire dans une publication diffusée mardi soir.
Telegram, mis en cause pour avoir hébergé ces appels à la violence, a réagi : « La publication d’appels à la violence et de menaces est explicitement interdite par les conditions d’utilisation de Telegram. Nos modérateurs ont supprimé tous les messages concernés immédiatement après avoir été alertés et continuent de surveiller la situation. »
Les auditions du suspect interpellé ce mercredi devraient permettre d’en savoir davantage sur l’organisation et les intentions réelles du groupe DDPF, dont l’activité, bien que virtuelle, commence à produire des conséquences bien réelles.