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« Vous allez tous mourir » : la menace glaçante sur les réseaux sociaux qui vise les surveillants pénitentiaires

·La rédaction ⏱ 4 min
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Depuis trois jours, plusieurs établissements pénitentiaires français sont la cible d’attaques coordonnées. Le parquet national antiterroriste (PNAT) s’est saisi de l’enquête, alors que l’hypothèse d’une action concertée de groupuscules d’ultragauche prend de l’ampleur.

Un canal Telegram mystérieux, appelant à la violence contre l’administration pénitentiaire, est au centre des investigations.

Depuis dimanche, des actes de vandalisme et de violence se multiplient autour des prisons françaises. Véhicules incendiés, tags menaçants, tirs d’armes à feu : les établissements de Nîmes, Marseille, Toulon, Luynes-Aix, Valence, Villepinte, Agen, Réau-Melun et Nanterre ont tous été visés. Les messages tagués sur les lieux, notamment l’inscription « DDPF » pour Droit des détenus prisonniers français, orientent les enquêteurs vers une mouvance organisée.

Une enquête ouverte pour faits de terrorisme

Face à la gravité et à la coordination des faits, le parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour « association de malfaiteurs terroriste », « tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « dégradations en bande organisée ». L’enquête a été confiée à la sous-direction antiterroriste de la Direction centrale de la police judiciaire, à la DGSI et aux directions zonales de la police nationale.

Ce Mardi soir, le ministre de la Justice Gérald Darmanin s’est rendu devant la prison de Toulon, où des tirs de kalachnikov ont été signalés. Il a confirmé que plusieurs canaux de communication cryptés, dont Telegram et Signal, faisaient l’objet d’une surveillance active : « Il n’y a pas eu de revendication officielle, mais on observe une coordination inédite et des messages inquiétants circulent en ligne », a-t-il déclaré.

Le canal Telegram de la DDPF dans le viseur

L’un de ces canaux, baptisé du nom des inscriptions retrouvées sur les véhicules, concentre l’attention. Présenté comme « un mouvement dédié à la défense des droits fondamentaux des prisonniers », ce canal diffuse des messages violents et appelant explicitement à des représailles contre les agents pénitentiaires. L’un d’eux menace directement les équipes de sécurité : « Vous allez tous mourir pour le mal que vous avez fait. »

Des vidéos, non authentifiées à ce stade, y circulent également. On y voit des individus incendier des véhicules ou taguer des slogans sur les murs d’enceinte de prisons. L’une montre un homme versant de l’essence, une autre un véhicule en flammes, localisé à Nîmes. Le canal affiche en image de profil une caricature du ministre Darmanin derrière les barreaux, et affirme : « L’heure est grave. Nous entrons dans une ère dangereuse. »

Une idéologie floue entre ultragauche et narcobanditisme

Si le discours du canal Telegram semble porter un message politique contre « l’oppression de l’État » et les « abus de l’administration pénitentiaire », les services de renseignement notent que certains termes employés rappellent ceux utilisés dans les réseaux de trafiquants de drogue. La piste d’un lien avec des réseaux criminels, notamment ceux actifs sur Telegram, n’est donc pas exclue.

Pour autant, plusieurs indices laissent penser à l’implication de groupuscules d’ultragauche. La rhétorique antisystème, les références aux droits humains et les appels à la désobéissance sont caractéristiques de certains mouvements contestataires radicalisés. « Nous sommes avant tout des humains », clame un message, dénonçant les conditions de détention et les violences supposées de l’administration. L’auteur – qui pourrait être un ancien détenu – affirme : « La plupart des suicides en prison sont dus à l’agressivité de l’administration. »

Des intentions terroristes selon le PNAT

Pour la justice antiterroriste, peu importe encore l’identité exacte des auteurs : les faits s’apparentent à une campagne de terreur, visant à intimider et à saper les institutions judiciaires et pénitentiaires. Dans l’un des messages les plus explicites, un utilisateur du canal lance : « Les travailleurs de comicos, de taules et de tribunaux rentrent bien chez eux à un moment… »

Les enquêteurs poursuivent actuellement l’identification des auteurs des publications et des attaques. La DDPF, si elle existe en tant que structure, reste entourée de mystère. Mais un message l’annonce déjà : « La DDPF se déploiera dans toute la France. »

La France fait donc face à une nouvelle forme de menace, hybride, entre idéologie radicale, mobilisation carcérale et possible infiltration criminelle. Le défi pour les autorités sera de démêler ces fils avant qu’un drame ne se produise.

La rédaction

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