Polémique : Laurent Wauquiez veut envoyer les étrangers dangereux sous OQTF à Saint-Pierre-et-Miquelon
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirEn pleine campagne pour la présidence de LR, Laurent Wauquiez jette un pavé dans la mare. Dans un entretien exclusif accordé au JDNews, le candidat propose d’enfermer les étrangers sous Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) dans un centre de rétention situé… à Saint-Pierre-et-Miquelon. Une suggestion qui a aussitôt déclenché une vague d’indignation à travers tout l’échiquier politique.
« Un changement radical », c’est ainsi que Laurent Wauquiez qualifie sa proposition. Trop radical ? Sans doute pour beaucoup. L’ancien ministre souhaite « éloigner de l’Hexagone » les étrangers considérés comme dangereux et visés par une OQTF, en les plaçant dans un centre de rétention ultramarin. « Ce que je propose, c’est une mesure de fermeté, mais aussi de pragmatisme », argue-t-il dans les colonnes du JDD.
Une tempête politique
À peine publiée, l’idée a suscité une levée de boucliers, à commencer par Manuel Valls, ancien Premier ministre et aujourd’hui ministre des Outre-mer : « Aucun territoire français ne mérite d’être traité comme une zone de relégation. Quand on méprise un territoire, on risque de mépriser la France entière. »
Dans un ton cinglant, Valls compare la proposition à un retour vers des pratiques d’un autre siècle : « L’exil forcé, c’est une méthode de colon, pas d’élu de la République. Le bagne de Cayenne, c’est loin, et tant mieux. » Et d’enfoncer le clou : « Saint-Pierre-et-Miquelon, c’est la France – pas une prison ou un centre de détention. »
Front commun contre Wauquiez
De l’extrême droite à la gauche radicale, la classe politique a semblé, pour une fois, parler d’une seule voix. Marine Le Pen a fustigé sur X : « La place des OQTF, c’est dans leur pays… sûrement pas dans un territoire français. Les habitants de Saint-Pierre-et-Miquelon ne sont pas des sous-citoyens ! » Même tonalité chez la députée RN Hélène Laporte : « Déplacer le problème sans le régler, on reconnaît bien les LR. »
À gauche, les critiques sont encore plus virulentes. Le député LFI Arnaud Saint-Martin évoque une vision « Guantánamo façon Vichy 2.0 », tandis qu’Aurélien Rousseau (PS) questionne : « Une déportation organisée vers un bagne ? Un camp ? Le naufrage continue. »
Le député de l’archipel, Stéphane Lenormand (Liot), ne cache pas son indignation : « C’est une hérésie et un mépris pour les habitants de l’archipel et pour son histoire. »
Objectif : se démarquer
En quête de distinction face à son rival Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez semble vouloir frapper fort. Trop fort ? Pour Manuel Valls, il a franchi la ligne rouge : « Aucune campagne interne ne doit conduire un responsable politique – qui a exercé de hautes missions gouvernementales – à mépriser un territoire de la République. »