Un gendarme héros d’Orléans : « Si tu n’étais pas intervenu, je serais mort »
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirLe 5 décembre 2024 restera une date marquante pour Evan, gendarme à Chécy. Ce soir-là, alors qu’il se rendait au marché de Noël d’Orléans, il a sauvé un homme d’un lynchage qui aurait pu lui être fatal.
Pour son acte de bravoure, il a reçu la plus haute distinction de la gendarmerie nationale aux Invalides.
Une intervention inopinée et décisive
Evan, 29 ans, venait de finir son service lorsqu’il a pris la route pour Orléans. Un imprévu l’a retardé : une panne de voiture qui lui a fait perdre trente minutes. Une déconvenue qui, paradoxalement, lui a permis d’être présent au bon endroit, au bon moment.
En arrivant sur la place du Châtelet, il entend des cris et le fracas d’une bouteille brisée. « Je vois une personne à terre, rouée de coups par cinq individus, dont certains cagoulés. Je ne fonce pas tout de suite, j’analyse la situation en contournant la scène. Mais lorsque la victime ne bouge plus du tout, je n’hésite plus et j’interviens », raconte Evan à Larep.
Seul face à cinq agresseurs
Déterminé, le gendarme s’interpose et repousse l’un des assaillants les plus violents. Les cinq agresseurs se retournent alors contre lui. « Je leur annonce que je suis gendarme et qu’ils ont intérêt à partir. L’un d’eux tente de m’affronter, mais un complice l’en empêche. En réalité, ils veulent me décaler pour continuer à frapper la victime. Je les tiens à distance tout en commençant à vérifier l’état de l’homme à terre. »
Le constat est alarmant : inconscient, il présente une blessure grave à l’arrière du crâne, un nez cassé et de nombreuses contusions. Son pouls est faible, sa respiration difficile. Pendant ce temps, les assaillants tentent une nouvelle attaque. Evan s’interpose, protégeant la victime de son propre corps, seul face à la violence.
Un appel au secours crucial
Malgré la présence de témoins, personne ne vient à son aide. Une autre bagarre éclate à proximité, impliquant des amis de la victime. Evan parvient alors à obtenir le soutien d’un passant pour surveiller les alentours. Il compose le 18 en priorité d’intervention : « J’ai besoin d’aide d’urgence, la victime est gravement blessée. »
Les renforts finissent par arriver : la police municipale, les pompiers et la brigade anti-criminalité. L’homme secouru, un militaire de l’armée de l’air, est pris en charge et transporté au CHU d’Orléans. Il souffre de 60 jours d’ITT, d’un bras cassé, d’un tympan éclaté et de multiples fractures.
Une reconnaissance nationale
Quelques jours plus tard, Evan reçoit un message bouleversant de la victime : « Si tu n’étais pas intervenu, je serais mort. Tu m’as sauvé la vie. »
L’enquête est confiée à la brigade de la gendarmerie de l’air. Quant à Evan, il ne semble pas affecté par l’événement : « Je suis un sacré chat noir ! Il se passe toujours quelque chose quand je suis là. »
Son acte de courage ne passe cependant pas inaperçu. La gendarmerie nationale décide de lui décerner sa plus haute distinction. Le 17 février 2025, lors de la journée hommage aux héros de la gendarmerie, il reçoit la médaille de la gendarmerie nationale aux Invalides. Un moment fort, qu’il partage avec sa famille, dont sa grand-mère de 89 ans : « Mon grand-père, chevalier de l’ordre du Mérite, aurait été très fier de moi. »