Gérald Darmanin veut expulser les détenus étrangers pour qu’ils purgent leur peine dans leur pays d’origine
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirParis, 13 mars 2025 – Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé son intention d’engager un travail visant à expulser les étrangers condamnés en France afin qu’ils purgent leur peine dans leur pays d’origine.
Il a déclaré au micro de Sud Radio que « demain, on n’aura plus besoin de demander l’avis du détenu », rappelant que 25 % des détenus dans les prisons françaises étaient étrangers, dont les deux tiers n’étaient pas européens.
Un projet pour désengorger les prisons françaises
Actuellement, le transférement des détenus étrangers vers leur pays d’origine est soumis à leur consentement, une condition que le garde des Sceaux souhaite lever. Cette initiative vise à réduire la surpopulation carcérale en facilitant le renvoi des détenus étrangers vers leurs pays d’origine.
Des accords bilatéraux nécessaires
La loi européenne permet déjà le transférement des ressortissants de l’Union européenne, mais pour les détenus issus de pays non-européens, des accords bilatéraux sont indispensables. Gérald Darmanin a cité le Maroc comme exemple, indiquant qu’un dialogue était en cours avec les autorités marocaines pour mettre en place un système d’échange de détenus.
Des interrogations sur les conséquences
Si cette mesure pourrait permettre de désengorger les prisons françaises, elle suscite aussi des interrogations. Le syndicat FO Justice avait déjà appelé en octobre dernier à faciliter le recours à cette procédure, tandis que Wilfried Fonck, secrétaire national de l’Ufap Unsa Justice, met en garde contre une « arme à double tranchant ». En effet, la France pourrait être amenée à récupérer en retour des ressortissants français condamnés à l’étranger.
Des obstacles juridiques et éthiques
La mise en œuvre de ce projet pourrait être freinée par des recours d’associations de défense des droits de l’homme, d’avocats ou d’organisations de détenus, notamment sur la question du respect des droits fondamentaux dans certains pays d’origine. Ces organisations pourraient invoquer les risques de mauvais traitements ou de conditions de détention non conformes aux standards internationaux.
Avec cette annonce, Gérald Darmanin réaffirme la volonté du gouvernement de durcir sa politique en matière de justice et de gestion carcérale, une question récurrente dans le débat public.