Arsenal découvert dans une voiture, magazine « Détective » traitant des « crimes à l’école » et établissements scolaires de Saint-Malo enregistrés dans le GPS : Que projetait le couple interpellé ?
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirLe tribunal de Saint-Malo a jugé, jeudi 7 mars 2025, deux individus originaires de Strasbourg qui transportaient un véritable arsenal dans leur véhicule. Les faits remontent au 31 octobre 2023, lorsque la police a découvert une importante quantité d’armes dans une voiture garée sur le parking du centre commercial Leclerc de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine).
Une découverte alarmante
Parmi les objets saisis : plusieurs haches, une épée, un sabre de 65 centimètres, un grand couteau, une carabine de calibre 7×64 équipée d’un viseur, des cartouches, un ruban adhésif, une paire de gants et une cagoule. Comme le relate Actu.fr, plus troublant encore, les forces de l’ordre ont retrouvé un magazine Détective traitant des « crimes à l’école » et constaté que plusieurs établissements scolaires de Saint-Malo étaient enregistrés dans le GPS du véhicule.
Une perquisition menée au domicile des suspects a permis la saisie d’autres armes, renforçant les soupçons des enquêteurs.
Une suspicion de projet criminel
Face à la gravité de la situation, le parquet de Saint-Malo avait ouvert une information judiciaire pour association de malfaiteurs en vue de commettre un crime, ainsi que pour infractions à la législation sur les armes. Les deux individus avaient été placés en détention provisoire durant trois mois avant d’être libérés en février 2024.
Finalement, la justice n’a pas retenu l’association de malfaiteurs, les prévenus étant uniquement poursuivis pour transport d’armes et de munitions sans motif légitime.
Un couple aux versions contradictoires
Devant le tribunal, l’homme ne s’est pas présenté. Son ancienne compagne, une femme de 36 ans, a changé plusieurs fois de version au cours de l’enquête. Elle a d’abord affirmé que l’arme à feu était destinée à la chasse, avant de déclarer qu’il s’agissait d’un projet de suicide assisté :
« Il devait me tirer dessus, mais il a changé d’avis sur le trajet. Le projet de base était qu’il m’achève. »
Des propos contestés par l’homme, qui ne souhaite plus avoir de contact avec elle, selon son avocate.
Quant aux autres armes, la défense de l’accusé avance une explication surprenante : il serait passionné par les jeux de rôle grandeur nature et se présenterait comme un collectionneur. La femme, de son côté, assure qu’elle ignorait la présence de ces armes dans le véhicule.
Un verdict marqué par des interrogations
Malgré une instruction d’un an, de nombreuses zones d’ombre subsistent, ce que la procureure de la République n’a pas manqué de souligner :
« Pourquoi sont-ils arrivés à Saint-Malo avec un véhicule rempli d’armes ? Nous avons très peu d’explications, ce qui reste très inquiétant. »
L’avocate du prévenu dénonce, quant à elle, un traitement excessif de l’affaire :
« La présomption d’innocence a été malmenée. Lors de la première garde à vue, six policiers attendaient, et trois autres interrogeaient simultanément mon client. Tout cela pour que les charges les plus lourdes tombent. »
Les deux prévenus ont été condamnés à huit mois de prison avec sursis probatoire d’une durée de deux ans. Ils ont également l’interdiction de détenir une arme pendant cinq ans et une obligation de soins. Leur interdiction de contact mutuel vient clore cette affaire aussi étrange qu’inquiétante.