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Rassemblements devant les commissariats de plusieurs villes françaises : Les policiers nationaux dénoncent leurs conditions de travail

·La rédaction ⏱ 3 min
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Des procédures de plus en plus lourdes, un manque criant de moyens, des outils informatiques obsolètes et des salaires insuffisants : le malaise grandit chez les policiers nationaux, notamment ceux des services d’investigation. À l’appel du syndicat Un1té, des agents se sont rassemblés devant les commissariats de plusieurs villes françaises, dont Montpellier, Nîmes et Sète, pour exprimer leur ras-le-bol face à une situation devenue intenable.

« L’investigation se meurt et personne ne nous entend »

Face à la dégradation constante de leurs conditions de travail, les enquêteurs se sont mobilisés à Agde, Montpellier, Sète et Béziers. Comme le relate France3, selon eux, l’explosion du nombre de procédures, toujours plus complexes et chronophages, empêche un traitement efficace des affaires. « À chaque fois qu’on a promis de simplifier la procédure, elle s’est alourdie. Et donc forcément, les effectifs qui sont pris sur une affaire ne peuvent pas être sur une autre », explique Bruno Mengibar, secrétaire départemental du syndicat Un1té pour l’Hérault.

Un outil informatique « préhistorique »

Outre la surcharge de travail, les enquêteurs pointent du doigt un outil informatique inadapté. « Nous ne sommes pas aidés par l’outil informatique qui est préhistorique. Il n’est pas adapté aux réalités d’aujourd’hui », déplore Bruno Mengibar. Un projet de logiciel, baptisé Scribe, avait pourtant été lancé, mais malgré un investissement de 10 millions d’euros, il a été jugé inadapté et abandonné. « 10 millions d’euros jetés à la poubelle et nous n’avons toujours pas de logiciel. C’est une gabegie sans nom. »

Des effectifs en chute libre

Le manque de personnel est un autre problème majeur dénoncé par le syndicat. La brigade d’atteintes aux biens de Montpellier, qui comptait 12 agents il y a deux ans, n’en compte plus que six aujourd’hui. « On déploie les personnels sur d’autres groupes pour essayer de prêter main-forte. Parce qu’il y a des groupes qui sont complètement sous l’eau. Le groupe phare, c’est le groupe d’atteintes aux personnes, qui comprend notamment la brigade criminelle et qui s’occupe des violences intrafamiliales. Ces groupes sont en train d’exploser parce que les procédures se multiplient. »

Certains officiers de police judiciaire (OPJ) se retrouvent ainsi avec 500 dossiers en portefeuille, rendant leur mission quasiment impossible.

Classements sans suite : une fatalité

Avec des services saturés, de nombreux dossiers s’empilent dans les couloirs et sont finalement classés sans suite faute de traitement dans les délais. « Les OPJ ont instruction du parquet de prendre toutes les plaintes, mais 80 % des plaintes déposées au parquet de Montpellier sont classées sans suite », affirme Bruno Mengibar.

Un manque de reconnaissance criant

Au-delà des conditions de travail dégradées, les policiers dénoncent également un manque de reconnaissance et de contrepartie financière. Les astreintes sont payées à peine 2,70 € de l’heure, une somme jugée « honteuse ». Quant à la prime des OPJ, elle s’élève à 125 €, soit seulement 20 € de plus que celle d’un policier affecté à la voie publique.

Même constat pour les agents de police judiciaire (APJ) qui travaillent sous les ordres des OPJ dans les services d’investigation. « Nous réclamons aussi que le travail des APJ soit reconnu », martèle le syndicat.

Des réformes abandonnées

Les syndicats regrettent également la suppression de la garde à vue filmée, qui permettait selon eux d’apporter des éléments de preuve essentiels dans les enquêtes criminelles. Ils dénoncent aussi l’abandon de la semaine de travail en quatre jours, qui avait pourtant montré des résultats positifs dans les régions testées.

« Circulez, y a rien à voir » : une direction sourde aux revendications

Face à ces alertes répétées, la réponse de la hiérarchie se résumerait à un simple « Circulez, y a rien à voir », selon Bruno Mengibar.

Dépassés, désabusés, les enquêteurs lancent un cri d’alarme. « Ils font leur boulot entre révolte et résignation. Ils font face pour les victimes. » Mais pour combien de temps encore ?

La rédaction

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