URGENT – Affaire Nahel : le parquet de Nanterre requiert un procès pour meurtre contre le policier auteur du tir
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirLe parquet de Nanterre a requis un procès pour meurtre contre le policier ayant mortellement neutralisé Nahel en juin 2023. L’annonce faite ce mardi par le ministère public marque une étape cruciale dans cette instruction qui a suscité une intense mobilisation sociale.
Le parquet a indiqué dans un communiqué avoir demandé, le 3 mars 2025, le renvoi en correctionnelle du policier mis en examen, Florian M., pour meurtre. En revanche, il a requis un non-lieu pour le second policier présent lors des faits, initialement soupçonné de complicité de meurtre.
Nahel, 17 ans, avait été tué le 27 juin 2023 lors d’un contrôle routier à Nanterre. Une balle tirée à bout portant par un policier motocycliste avait mis fin à sa vie. La version initiale des forces de l’ordre, affirmant que le jeune conducteur avait foncé sur l’agent, avait été contredite pour certains, par une vidéo amateur diffusée sur les réseaux sociaux, relancée l’indignation et provoquant plusieurs nuits d’émeutes à travers le pays.
Dès le début, une enquête pour meurtre avait été ouverte, aboutissant à la mise en examen de Florian M., qui a passé cinq mois en détention avant d’être libéré sous contrôle judiciaire. Son collègue, présent lors du tir mortel, bénéficiait du statut de témoin assisté.
Une reconstitution des faits a eu lieu le 5 mai 2024. Elle a permis de confronter les différentes déclarations des protagonistes, afin de déterminer si le policier était en situation de danger légitime au moment du tir.
Cette étape décisive a été suivie de deux confrontations organisées les 15 et 16 juillet 2024, au cours desquelles les policiers impliqués, la mère de Nahel et les passagers présents dans le véhicule au moment des faits ont été entendus.
Réagissant à l’annonce des réquisitions, l’avocat de la famille de Nahel, Me Frank Berton, a exprimé la satisfaction de sa cliente, Mounia Merzouk : « Elle est soulagée. Il n’y avait pas d’autre qualification envisageable dans cette affaire, le geste est volontaire et l’intention de tuer évidente », a-t-il déclaré.