Rennes : Non-lieu définitif pour le policier ayant éborgné un manifestant
Montrez votre soutien aux forces de l’ordre en ajoutant notre média à vos favoris sur GoogleNeuf ans après les faits, la justice a tranché définitivement. Le policier qui avait gravement blessé un manifestant à Rennes en 2016 ne sera pas poursuivi.
Jean-François Martin, alors âgé de 20 ans, participait le 28 avril 2016 à une manifestation contre la loi Travail dans un contexte de forte tension entre forces de l’ordre et protestataires. Ce jour-là, alors que des affrontements éclataient dans la ville bretonne, un policier posté de l’autre côté de la Vilaine avait fait usage d’un lanceur de balles de défense (LBD). Son tir avait atteint le jeune homme au visage, lui faisant perdre un œil.
Depuis cet événement, Jean-François Martin n’a cessé de demander justice, entamant de multiples procédures judiciaires contre l’auteur du tir. Mais la Cour de cassation a rendu, le 5 février dernier, un arrêt confirmant le non-lieu prononcé par la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Angers en février 2023 comme le relate 20 Minutes.
Cette décision, qui enterre toute possibilité de jugement, repose sur la reconnaissance de la « nécessité absolue » pour les forces de l’ordre de mettre fin aux tirs de fusée de certains manifestants, ayant notamment causé un début d’incendie dans un commerce.
L’enquête judiciaire avait pourtant établi que Jean-François Martin ne faisait pas partie des manifestants violents. Cependant, les juges ont considéré que l’évolution de la situation avait conduit à une réévaluation des consignes, justifiant l’usage du LBD malgré un ordre initial de ne pas tirer en direction de la rive où se trouvait la victime.
Cette décision, qui met fin à neuf années de combat judiciaire, suscite des réactions contrastées. D’un côté, les forces de l’ordre saluent une décision qui, selon elles, reconnaît la complexité de leur mission en contexte de violences urbaines. De l’autre, les collectifs de défense des victimes de violences policières dénoncent une impunité persistante et un signal négatif envoyé aux manifestants.
Jean-François Martin, lui, exprime sa déception et son amertume. « C’est une injustice supplémentaire. Ne pas juger, c’est nier ce qui s’est passé », a-t-il confié.
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