Après plusieurs refus d’obtempérer, un policier jette l’éponge
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirCe matin, sur le plateau de « Morandini Live » sur CNews, Gérald Jacquin, brigadier-chef à Lons-le-Saunier (Jura), a annoncé sa décision de quitter la police après une carrière marquée par de nombreux dangers.
Cet agent, qui a risqué sa vie à trois reprises ces derniers mois face à des refus d’obtempérer, a expliqué les raisons de son choix, notamment la volonté de préserver sa famille.
Lundi dernier, le policier était présent au tribunal pour témoigner contre un chauffard. Mais cette audience a été un déclic : « Le moment est venu de mettre fin à mes fonctions », a-t-il déclaré.
Lors de son entretien sur CNews, il a confié que la naissance de son petit-fils en novembre dernier l’a poussé à reconsidérer sa carrière. « Je prends conscience que tout ça ne sert à rien. Je vois comment c’est traité au tribunal. Tout le monde fait son travail de façon un peu froide. Notre travail retombe à l’eau. Je prends conscience qu’il faut que je m’en aille et que je préserve ma famille », a-t-il expliqué.
Gérald Jacquin a également pointé du doigt l’absence de soutien de sa hiérarchie. « Quand on croit, en entrant dans la police, être entouré d’une hiérarchie, c’est faux ! Pour moi, on est seul. » Un sentiment renforcé par son expérience au tribunal, où il regrette que son administration ne soit pas présente à ses côtés. « Jamais », a-t-il insisté, déplorant un manque de reconnaissance pour les risques pris sur le terrain.
Selon lui, de nombreux policiers vivent une profonde souffrance professionnelle. « Les mises en danger de collègues, il y en a énormément. Je tire mon chapeau aux collègues. […] Il y a énormément de souffrance. Je vois beaucoup de gens à la limite de la dépression. La hiérarchie ne fait rien pour que ça s’arrange. On est seul. Il faut être fort quand on est seul », a-t-il ajouté.
Cette annonce de départ a été accueillie avec soulagement par sa famille et ses proches. « Mes enfants et mes proches sont heureux à l’idée que je fasse valoir mes droits à la retraite », a-t-il indiqué. Quant à ses collègues, beaucoup partagent son ressenti. « Tous mes collègues rêvent de partir parce qu’ils veulent que cette souffrance s’arrête. Ils veulent que leurs conditions, qui sont invivables, changent. »
Gérald Jacquin : «Dans la police, il y a énormément de souffrance», dans #MorandiniLive pic.twitter.com/d8jJCYcAvx
— CNEWS (@CNEWS) February 5, 2025
D’ici la fin de l’année, Gérald Jacquin quittera donc son poste, mettant un terme à une carrière marquée par un engagement sans faille mais aussi par une profonde déception face à l’évolution de son métier.