Seine-et-Marne : un dabiste kidnappé et contraint de voler 600 000 euros sous la menace d’une ceinture d’explosifs
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirUn scénario digne d’un film d’action s’est joué vendredi après-midi à Pontault-Combault (Seine-et-Marne). Un technicien de maintenance chargé des distributeurs automatiques de billets (DAB) a été enlevé, séquestré, et contraint d’effectuer des retraits forcés sur plusieurs distributeurs bancaires.
Les malfaiteurs l’avaient équipé d’une ceinture d’explosifs pour l’intimider et garantir leur butin, estimé à 600 000 euros.
Un enlèvement soigneusement planifié
L’enlèvement s’est produit aux alentours de 16 heures, à proximité de l’agence BNP Paribas de Pontault-Combault. Quatre individus, déguisés en ouvriers avec des gilets jaunes et des masques chirurgicaux, ont accosté leur cible. Afin d’asseoir leur contrôle, ils lui auraient révélé des informations personnelles sur son identité et sa vie privée avant de l’embarquer dans un fourgon.
Privé de ses téléphones et porteur d’une ceinture d’explosifs, le technicien a été contraint d’aider ses ravisseurs à accéder aux distributeurs automatiques situés dans plusieurs communes. Leur périple a commencé à Ormesson (Val-de-Marne), avant de se poursuivre à Roissy-en-Brie et Ozoir-la-Ferrière (Seine-et-Marne). L’employé a été libéré en début de soirée à Lésigny, sain et sauf mais éprouvé.
Une enquête confiée à la police judiciaire
Le service interrégional de la police judiciaire a été saisi pour mener l’enquête. Les forces de l’ordre recherchent activement le fourgon des malfaiteurs, ainsi que le véhicule de service du technicien, utilisé par l’un des agresseurs durant leur opération. Aucun des quatre suspects n’a pour l’instant été identifié.
De son côté, BNP Paribas a confirmé qu’une plainte avait été déposée par son prestataire, et qu’un accompagnement psychologique avait été proposé à l’employé victime de cet enlèvement. L’enseigne, déjà cible de faits similaires en 2022, n’a pas souhaité commenter le montant du préjudice, évalué à 600 000 euros par des sources policières.
Le quotidien à risque des dabistes
Cet épisode dramatique met en lumière les risques encourus par les techniciens chargés des DAB. Ces professionnels, surnommés « dabistes », agissent en civil et utilisent des véhicules banalisés pour réapprovisionner les distributeurs ou intervenir sur des pannes. Contrairement aux convoyeurs de fonds, ils ne transportent ni argent liquide ni clés de coffre, mais leur accès aux locaux bancaires en fait des cibles potentielles.
« On évite de dire quel métier on fait, même à nos proches. On préfère dire qu’on répare des automates, comme des machines à café », explique un dabiste expérimenté au Parisien. Ce dernier souligne que la routine est leur principal ennemi. Les itinéraires de tournée sont modifiés régulièrement pour éviter d’être repérés par des malfaiteurs en repérage.
Une méthode rare mais marquante
« Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas eu d’attaque à la ceinture d’explosifs », soupire un professionnel du secteur. Dans les années 2000, ces méthodes étaient plus fréquentes, mais des mesures de sécurité accrues, comme les dispositifs d’alerte silencieux, ont contribué à les raréfier. Toutefois, ces systèmes restent difficilement activables dans une situation de menace immédiate.
Le traumatisme de l’incident rappelle que, malgré ces précautions, le danger persiste. Le technicien, bien que sain et sauf, devra surmonter les conséquences psychologiques de cette expérience glaçante, tandis que les autorités poursuivent leurs investigations pour identifier les coupables.