Traque dans le Jura : Un détenu condamné à huit ans de prison s’évade sur une aire d’autoroute, un surveillant blessé
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirUn homme de 36 ans, Abdelaziz Charhabil, condamné jeudi à huit ans de prison par la cour d’appel de Besançon (Doubs), s’est évadé dans la soirée alors qu’il était en cours de transfert vers la maison d’arrêt de Lyon-Corbas. L’évasion s’est produite sur l’aire d’autoroute du Bois-des-Potets, à Sampans (Jura), a annoncé Julie Fergane, procureure de la République de Lons-le-Saunier.
Un arrêt qui tourne au drame
Les faits se sont déroulés vers 20h30. Comme le relate Le Progrès, escorté par trois agents de l’administration pénitentiaire, Abdelaziz Charhabil avait demandé un arrêt pour se rendre aux toilettes. Profitant de cet instant, il a violemment agressé ses surveillants. L’un des agents a été légèrement blessé, tandis que les deux autres ont été mis à terre. Le détenu a ensuite traversé les voies de l’autoroute avant de disparaître dans l’obscurité.
« Des violences ont été commises sur un des agents de l’administration pénitentiaire », a précisé la procureure, ajoutant que l’incident avait été géré dans un contexte difficile pour les surveillants.
Des recherches intensives et un fugitif toujours introuvable
Un dispositif de recherche d’envergure a été déployé immédiatement après l’évasion. Les forces de l’ordre, soutenues par un hélicoptère de la section aérienne de la gendarmerie de Dijon, ont tenté de retrouver Abdelaziz Charhabil, mais sans succès. Ce vendredi soir, l’homme était toujours en cavale.
L’enquête a été confiée à la brigade de recherches de Dole, avec l’appui de la section de recherches de Besançon. Une information judiciaire a été ouverte par le tribunal de Lons-le-Saunier pour élucider les circonstances de cette évasion spectaculaire.
Un lourd passé judiciaire
Quelques heures avant son évasion, Abdelaziz Charhabil avait été condamné à huit ans de prison pour des faits graves datant de 2020 dans le Jura. Il avait été reconnu coupable d’« acquisition et détention non autorisées de matériel de guerre », d’« extorsion » et d’« extorsion aggravée ». En revanche, il avait été relaxé pour les faits d’« association de malfaiteurs ».
Lors de son premier procès à Lons-le-Saunier, le détenu avait été condamné par contumace à six ans de prison, avec un mandat d’arrêt. La cour d’appel avait toutefois aggravé sa peine, malgré les réquisitions du ministère public qui s’élevaient entre quatre et cinq ans de prison.
Une décision critiquée par la défense
Les avocats d’Abdelaziz Charhabil ont réagi avec virulence à cette condamnation. Me Julien Charle a déclaré au quotidien régional : « Je ne cautionne pas ce qu’il a fait, mais on peut comprendre son désarroi ». Selon lui, la peine alourdie est injustifiée, d’autant plus que le prévenu souhaitait s’expliquer devant la cour.
Pour l’instant, le fugitif demeure introuvable et les enquêteurs poursuivent leurs efforts pour le localiser.
