Livraison par drone dans la prison d’Angers : Plusieurs individus interpellés
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Dans la nuit du dimanche 12 au lundi 13 janvier 2025, quatre jeunes originaires de Rennes (Ille-et-Vilaine), dont trois mineurs, ont été interpellés alors qu’ils livraient des colis à des détenus de la maison d’arrêt d’Angers (Maine-et-Loire) en utilisant un drone.
Un système bien organisé
L’interpellation a eu lieu après qu’un riverain ait signalé la présence d’un appareil volant étrange survolant la maison d’arrêt vers 21 h 45. Bien que les policiers aient perdu sa trace au départ, ils ont été alertés une nouvelle fois aux alentours de minuit, et ont pu observer un drone livrant un sac à l’intérieur de l’enceinte de la prison. À ce moment, ils ont suivi l’appareil et repéré deux individus fuyant précipitamment, avant de se réfugier dans un appartement comme le relate Ouest-France.
En menant une surveillance discrète dans la rue, les forces de l’ordre ont interpellé deux jeunes hommes sortant de l’immeuble. Lors de leur contrôle, les policiers ont retrouvé une batte de baseball, un couteau de cuisine et une cartouche de cigarettes dans leur véhicule. L’enquête s’est intensifiée lorsqu’ils ont découvert, dans l’appartement, l’ensemble du matériel nécessaire pour ces livraisons : filets de pêche pour projeter les colis, sacs, ruban adhésif, résine de cannabis, savonnette… et deux drones.
Les révélations des enquêteurs
Lors de la perquisition, les policiers ont également mis la main sur des objets comme un Opinel, des bouteilles d’alcool et des téléphones portables. Dans la cellule de prison livrée plus tôt, les surveillants ont trouvé deux téléphones portables et un chargeur.
Les jeunes rennais ont révélé que le contact avait été établi via l’application de messagerie éphémère Snapchat par un détenu, qui leur proposait de l’argent en échange de la livraison de colis. Selon leur témoignage, les colis étaient récupérés dans un parc à Rennes avant d’être transportés jusqu’à Angers. Une fois sur place, ils louaient un studio de 25 m² via Airbnb, situé à proximité de la prison, où les livraisons étaient effectuées depuis la cour intérieure de l’immeuble.
La condamnation du livreur majeur
Interrogés par les policiers, les quatre jeunes ont donné des versions divergentes des faits. Le seul majeur du groupe, âgé de 20 ans, a reconnu sa participation, mais a assuré qu’il n’avait agi que par « service rendu ». « C’était juste pour rendre service. Je me suis rendu compte de ce qui se passait quand ils ont déballé les drones dans le Airbnb. J’ai paniqué, j’ai voulu partir », a-t-il déclaré. Cependant, son passé judiciaire a lourdement pesé dans la balance : en décembre 2023, il avait déjà été condamné pour des faits similaires commis au centre pénitentiaire de Rennes.
Son avocat, Baptiste Foureau-Blanvillain, a plaidé qu’il n’était pas l’instigateur de l’opération et qu’il n’avait agi que comme chauffeur pour ses amis. Le tribunal, bien que sensible à la situation de ce jeune père inséré, n’a pas été convaincu par ses explications et l’a condamné à dix mois de prison, à purger sous bracelet électronique.
Le sort des mineurs
Quant aux trois mineurs impliqués, tous âgés de 16 ans, ils seront convoqués devant le juge des enfants à Rennes. L’affaire met en lumière non seulement un système de livraison de colis interdits bien organisé, mais aussi l’utilisation croissante des drones dans les prisons françaises pour faire entrer des objets illégaux à l’intérieur des murs.
Cette arrestation souligne l’ampleur du phénomène, de plus en plus préoccupant pour les autorités pénitentiaires, et laisse entrevoir de nouvelles mesures de sécurité pour lutter contre ce type de trafic.