Un détenu décède après avoir incendié sa cellule à la prison de Roanne : L’État condamné à verser 50 000 euros à la famille
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirLe tribunal administratif de Lyon a condamné l’État français à verser près de 50 000 euros aux proches d’Alexis D., un détenu de 27 ans décédé en juillet 2020 au centre de détention de Roanne, dans la Loire. La décision, rendue publique mardi 7 janvier, reconnaît une faute de l’administration pénitentiaire dans les circonstances ayant conduit à ce drame.
Un drame à la cellule disciplinaire
Alexis D. est décédé à la suite d’un incendie qu’il avait lui-même provoqué en mettant le feu à son matelas dans sa cellule disciplinaire. Comme le relate Le Parisien, selon la décision du tribunal, le jeune homme a succombé à un arrêt cardiaque causé par une intoxication au monoxyde de carbone, les fumées toxiques ayant rapidement rendu la cellule irrespirable. Les secours ont tardé à intervenir, malgré les appels répétés du détenu à l’interphone de sa cellule.
Une faute de l’administration reconnue
Le tribunal administratif a pointé du doigt plusieurs manquements graves de la part de l’administration pénitentiaire. Notamment, il a été établi que la fréquente mise à l’isolement d’Alexis D., en dépit de troubles mentaux documentés, était contraire aux recommandations médicales. Un certificat médical indiquait en effet que son état de santé était « incompatible avec un placement à l’isolement » et qu’il aurait dû être dirigé vers un service médico-psychologique.
Le jugement précise également que le garde des Sceaux n’a pas produit d’éléments de réponse avant la fin de l’instruction, renforçant ainsi la responsabilité de l’État dans cette affaire.
Une requalification en homicide involontaire
Initialement présenté comme un suicide par le parquet, le décès d’Alexis D. a été requalifié en homicide involontaire après une plainte déposée par la famille en avril 2021. Une instruction a alors été ouverte contre X pour « homicide involontaire » et « mise en danger de la vie d’autrui ». Me Thomas Fourrey, avocat de la famille, a souligné que le détenu avait appelé à l’aide à de nombreuses reprises avant de succomber.
Une condamnation financière
L’État a été condamné à verser un total de 49 812 euros de dommages-intérêts à quatre membres de la famille du défunt. Cette somme répare partiellement le préjudice moral et met en lumière les carences structurelles de l’administration pénitentiaire dans la prise en charge des détenus souffrant de troubles mentaux.
Une affaire qui interpelle
Ce drame soulève une fois de plus la question de la gestion des troubles psychologiques en milieu carcéral. En effet, de nombreux détenus devraient se trouver dans des structures adaptées. Pour leur sécurité et celle du personnel pénitentiaire.