Nantes : Le Père Noël n’a pas oublié les détenus de la prison, bien au contraire…
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En Loire-Atlantique, la maison d’arrêt de Nantes-Carquefou a connu un week-end marqué par un record de projections de colis destinés aux détenus. Le dimanche 22 décembre, 197 colis ont été recensés lors des heures de promenade. Cette situation illustre la montée en puissance des intrusions illicites dans l’établissement pénitentiaire.
Un incident particulièrement marquant s’est produit le soir du 24 décembre lorsqu’un drone a réussi à s’approcher de la fenêtre d’une cellule pour livrer un colis directement à un détenu incarcéré au quartier disciplinaire. Comme le relate Le Figaro, ce prisonnier, considéré comme dangereux et impliqué dans des affaires de narcotrafic, est classé DPS (« détenu particulièrement surveillé »).
Une situation qui inquiète les surveillants
Le syndicat FO Justice a réagi en ironisant sur cette séquence inédite, la comparant à une livraison des lutins du Père Noël. Mais derrière l’humour transparaît une inquiétude croissante face à ces violations répétées de la sécurité. La cellule du détenu concerné a été fouillée le lendemain, permettant la saisie d’un téléphone et de 100 grammes de stupéfiants.
Cependant, l’incident n’a pas marqué la fin des projections. Dans la nuit du 25 au 26 décembre, quatre nouvelles livraisons par drone ont été interceptées. Au-delà des colis traditionnels, les agents pénitentiaires y ont trouvé des armes, des téléphones et des drogues, illustrant la diversité et l’ampleur du trafic clandestin à l’intérieur de la prison.
Une surpopulation qui complique la surveillance
Avec 915 détenus pour une capacité initiale bien inférieure, la maison d’arrêt de Nantes fait face à une surpopulation chronique. Cette situation aggrave la difficulté à contrôler les flux de marchandises illégales.
« Les saisies d’armes ont doublé par rapport à 2023, et nous avons dépassé les 1200 téléphones confisqués cette année, contre 914 l’année précédente », explique William Cozic, délégué FO du centre pénitentiaire. Malgré ces efforts, ces saisies ne représentent qu’une infime partie du trafic souterrain.
Des solutions attendues
Face à l’impuissance relative des surveillants, le syndicat demande à l’administration pénitentiaire d’agir rapidement. La mise en place de brouilleurs a permis de limiter temporairement les intrusions par drone, mais ceux-ci ont rapidement été modifiés pour contourner ces dispositifs.
Des renforts humains sont attendus, avec le déploiement d’équipes spécialisées dans la sécurité périmétrique. Ces agents auront pour mission d’intercepter les drones et d’empêcher les projections aux abords de la prison. En attendant, les surveillants continuent de faire face à des week-ends où près de 150 colis sont projetés, apportant des téléphones, des stupéfiants et même des repas chauds.
Pour les détenus, ces livraisons s’apparentent à des Noëls répétés. Pour les agents, elles sont autant de rappels des défis croissants qu’ils doivent affronter au quotidien.