Contestant son isolement, Rédoine Faïd met fin à sa grève de la faim au bout de cinq jours
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Le braqueur multirécidiviste Rédoine Faïd a cessé sa grève de la faim entamée le 10 décembre dernier pour contester son isolement carcéral. L’information, communiquée samedi par l’administration pénitentiaire, met un terme à une semaine de tension autour de cette figure emblématique du grand banditisme.
Un geste critiqué par les syndicats
Selon les autorités, Faïd a stoppé sa grève le 15 décembre. Toutefois, aucune explication officielle n’a été fournie quant aux raisons qui l’ont poussé à renoncer. Comme le relate Le Parisien, une source syndicale pénitentiaire, interrogée sous anonymat, a minimisé cette initiative en la qualifiant de « simple coup médiatique ». « Il n’y avait rien de sérieux dans cette grève », a-t-elle déclaré.
Le détenu avait revendiqué des conditions de détention plus souples, notamment des parloirs sans hygiaphone et l’accès aux unités de vie familiale. Ces requêtes avaient été relayées par des sources locales de l’Ufap-UNSa Justice et FO Pénitentiaire.
Onze années d’isolement contesté
Rédoine Faïd, âgé de 52 ans, cumule plus de onze années passées sous régime d’isolement. Le 2 décembre, la chambre d’application des peines de la Cour d’appel de Douai a rejeté sa demande de levée d’isolement, estimant que ses conditions de détention n’étaient pas indignes. Cette décision s’opposait à un jugement antérieur de la chambre d’application des peines de Béthune du 18 novembre, qui avait ordonné la fin de l’isolement, jugeant que ce traitement portait atteinte à la dignité humaine.
Un passé judiciaire lourd
En octobre 2023, Rédoine Faïd a été condamné à 14 ans de réclusion criminelle pour son évasion spectaculaire par hélicoptère de la prison de Réau en 2018. Cette condamnation s’ajoute à de lourdes peines pour des braquages, dont l’un avait entraîné la mort d’une policière municipale. Une précédente évasion avait déjà eu lieu en 2013.
Avant cette dernière condamnation, sa libération était prévue pour 2046. Cependant, la confusion des peines n’étant pas applicable pour les évasions, il pourrait rester détenu jusqu’en 2060, sauf réduction de peine.
Des grèves répétées
Ce n’est pas la première fois que Faïd utilise la grève de la faim comme moyen de contestation. En 2020, il avait cessé de s’alimenter pendant 20 jours pour protester contre son isolement. En 2018, une grève similaire avait été initiée pour contester l’incarcération de membres de sa famille.