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Paris : Un CRS poursuivi après l’amputation d’un manifestant gilet jaune en 2018

·La rédaction ⏱ 3 min
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Un major d’une compagnie de CRS sera jugé devant le tribunal correctionnel de Paris pour blessures involontaires, après qu’un manifestant gilet jaune, Gabriel Pontonnier, a eu la main arrachée lors de l’explosion d’une grenade en novembre 2018.

Cette décision, rendue le 4 décembre par un juge d’instruction, contraste avec les réquisitions du parquet de Paris qui avait requis un non-lieu.

Des circonstances controversées

Le juge d’instruction a estimé que le policier, aujourd’hui âgé de 53 ans, n’était pas animé par une volonté de blesser mais qu’il n’avait pas pris les précautions nécessaires avant de tirer. Selon l’enquête, le major a utilisé une grenade GLI-F4, contenant une charge explosive de 25 grammes, en direction d’un groupe d’individus, malgré une visibilité réduite due à des fumées importantes et à l’obscurité. En outre, le tir n’avait pas été effectué en binôme, en violation des protocoles.

Outre Gabriel Pontonnier, deux membres de sa famille présents lors de l’acte 2 du mouvement des gilets jaunes, son frère et son cousin, ont également été blessés comme le rapporte JMM.

Des positions divergentes

Le juge a retenu que les conditions de l’usage de la grenade étaient défaillantes, une position fermement contestée par le parquet de Paris. Ce dernier considère que l’utilisation de la GLI-F4 était nécessaire, proportionnée et conforme aux règles en vigueur. Le parquet avait également souligné que Gabriel Pontonnier avait pris des risques en tentant de saisir la grenade.

Face au magistrat instructeur, le policier a déclaré avoir tiré au « meilleur endroit » possible pour disperser les manifestants. Contacté par l’AFP, son avocat, Me Martin Dier, n’a pas souhaité commenter.

Réactions de la famille et des avocats

Les avocats de la famille Pontonnier, Mes William Bourdon, Vincent Brengarth et Emma Eliakim, ont salué cette décision qu’ils considèrent comme le fruit d’une application rigoureuse des textes régissant l’usage des grenades GLI-F4. Ils ont également regretté qu’un non-lieu ait été prononcé pour le chef de mise en danger.

« Toute une famille a été impactée. Ils ont fracturé nos vies », a confié Dominique Pontonnier, la mère de Gabriel, présente lors des faits. Elle attend désormais la fixation des dates du procès pour « y croire ».

Linda Kebba, Secrétaire Nationale du syndicat UN1TE Police Nationale, a défendu l’action du major en soulignant le contexte tendu dans lequel il avait été amené à utiliser une grenade assourdissante. « Le CRS fait usage d’une grenade assourdissante pour se défendre face à une manifestation devenue ‘insurrectionnelle’ et pour faire reculer les individus qui (les) visaient avec leurs projectiles », a-t-elle expliqué. Elle a ajouté que Gabriel Pontonnier « prend des risques en se rapprochant de la grenade pour s’en saisir ».

Linda Kebba a exprimé son incompréhension face à la décision de renvoyer le CRS devant un tribunal. « L’instruction renvoie le CRS face à un tribunal parce que, malgré la situation d’émeutes ce jour-là et le danger, il a osé se défendre alors que la visibilité n’était pas bonne et qu’il n’était pas en binôme. Pourtant, la légitime défense n’exige aucune condition autre que la nécessité, proportionnalité et simultanéité. Ce que le parquet avait relevé comme remplis. Mais bon. Il faut satisfaire la partie de l’opinion publique qui aime voir des policiers au bout d’une pique… », a-t-elle conclu.

La rédaction

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