Mort de Thomas à Crépol : Deux manifestations opposées, l’une avec le drapeau français réclamant « Justice », l’autre « anti-extrême droite » avec le drapeau palestinien – Vidéo
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirCe samedi 30 novembre, Romans-sur-Isère a été le théâtre de deux manifestations simultanées, symbolisant des visions opposées et marquées par une forte tension.
Ces rassemblements interviennent un an après la mort tragique de Thomas Perroto, poignardé lors d’une fête à Crépol, en novembre 2023. Retour sur une journée sous haute surveillance.
Deux cortèges opposés
D’un côté, plusieurs centaines de personnes se sont réunies pour demander « Justice pour Thomas ». Ce rassemblement, organisé par le groupuscule d’extrême droite Justice pour les nôtres, entendait également rendre hommage à Nicolas Dumas, un autre jeune homme tué en novembre dernier. Les manifestants arboraient des slogans tels que « On est chez nous » et « Nos frères, nos sœurs, nos enfants, pas des faits divers », en référence à plusieurs victimes d’actes violents ayant marqué l’actualité.
En face, un cortège « anti-extrême droite », organisé par des organisations de gauche, a défilé avec des drapeaux palestiniens et des banderoles dénonçant « les fascistes ». En tête, une inscription claire : « Face aux racistes, Romans résiste ». Ce rassemblement comptait des militants de la Jeune garde, des sympathisants de LFI et de la CNT. Julie Maurel, membre du Collectif pour Romans, a expliqué : « Romans n’est pas une ville d’extrême droite. Nous voulons dire stop à cette haine alimentée par l’ultra-droite. »
Contexte tendu et mesures sécuritaires
Initialement interdite par la préfecture de la Drôme, la manifestation du collectif « Justice pour les nôtres » a finalement été autorisée après une suspension de l’arrêté préfectoral par le tribunal administratif de Grenoble. Cette décision a poussé le préfet Thierry Devimeux à renforcer les mesures de sécurité pour éviter tout débordement.
Ainsi, plusieurs restrictions ont été mises en place du samedi 30 novembre au lundi 2 décembre, parmi lesquelles :
- L’interdiction de transporter des substances inflammables ou explosives ;
- La vente et la détention d’armes, d’objets dangereux ou d’artifices pyrotechniques ;
- La distribution de carburants dans des contenants transportables.
Malgré ces précautions, la tension était palpable. Les deux cortèges, bien que séparés géographiquement, symbolisaient un clivage profond dans une ville marquée par le drame de Crépol et les violences qui ont suivi.
Une ville sous pression
Romans-sur-Isère reste traumatisée par les événements de novembre 2023. Quelques jours après la mort de Thomas, une manifestation aux allures d’expédition punitive avait visé le quartier de la Monnaie, d’où sont originaires certains suspects de l’affaire. Ce quartier était d’ailleurs le point de départ du cortège « anti-extrême droite », illustrant une fracture toujours vive entre des communautés aux perceptions divergentes.
Alors que les enquêtes se poursuivent sur les circonstances de la mort de Thomas, la ville espère retrouver un semblant de sérénité. En attendant, ces manifestations démontrent que le débat reste profondément ancré dans les esprits.
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